Le compte-rendu de la 2° rencontre : l’accueil

Compte-rendu de la 2° rencontre de la solidarité consacrée à l’accueil

Objectif de cette rencontre :

Le 1er témoignage des personnes en souffrance est la chaleur de l’accueil qu’elles trouvent dans les structures associatives (besoin d’écoute, de rencontre, d’échange). Depuis plus de dix ans, les associations caritatives se sont, en effet, progressivement emparées de cette question et la qualité de leur réponse est devenue quelque chose d’essentiel voire plus important que les différentes aides matérielles qu’elles apportent. Le plus important pour les personnes en difficulté est, en effet, la chaleur de l’accueil car ce qu’elles redoutent le plus, c’est le mépris.

La question qui est posée aujourd’hui est « accueillir chaleureusement, certes, mais après ? » Ce qui suppose qu’au-delà de l’accueil chaleureux, les personnes en difficulté cherchent une solution à leurs problèmes. L’échange va, dans un 1er temps, leur permettre de commencer à construire leurs propres réponses, mais elles ont également besoin de notre aide pour trouver des solutions collectives ou publiques. Les usagers ont ainsi besoin d’être informés de leurs droits et des dispositifs existants.

Le 3ème niveau à la question de l’accueil est celui de la réponse efficace. Les bénévoles ou les professionnels n’ont pas forcément toutes les réponses aux problèmes observés et doivent par conséquent avoir une bonne connaissance de toutes les pistes de solutions.

La problématique de l’accueil pose ainsi un certain nombre de questionnements :

- Est ce que le maillage des structures d’accueil institutionnel et associatif est assez fort pour pouvoir apporter toutes les réponses ?

- Existe-t-il suffisamment de lieux d’accueil et d’orientation permettant de trouver les réponses (ex : la maison des services de St Pol/Mer, les maisons de quartier…) ?

- Y- a- t il des moments d’accueil dans la journée qui manquent pour les personnes en difficulté ? (ex : des personnes SDF) ?

- Comment les compétences d’accueil des bénévoles et professionnels peuvent-elles continuer à être développées ?

- Est ce que le réseau est suffisamment bien maillé entre les structures d’accueil pour pouvoir orienter efficacement les usagers ?

1. Présentation de quelques lieux d’accueil

Accueil des personnes sans abris :

La Coordination d’Accueil et d’Orientation a pour mission d’accueillir les personnes en rupture d’hébergement et de les orienter vers les structures d’accueil d’urgence situées dans la Flandre intérieure et maritime.

Ouvert jusqu’à 18h durant la mise en place du plan grand froid, l’Estaminet du cœur ouvre ses portes aux personnes dans le besoin pour leur offrir un moment de convivialité. Les repas du soir sont ensuite servis dans le local du plan grand froid

Il existe bien évidemment d’autres lieux d’accueil : la boutique de l’insertion de l’AAE, l’accueil de jour de la Fondation Armée du salut, le F.L.I.U., etc.

Malgré ces diverses solutions, on constate qu’entre les moments de fermeture de l’Estaminet du cœur (19H) et l’ouverture des structures d’hébergement le soir, les personnes sans domicile fixe ne disposent d’aucun autre lieu d’accueil que la rue.

Serait-il possible de remédier à cette vacance ?

Présentation de la Maison des services de St Pol/Mer :

A l’origine, la Maison des services est un projet expérimental du Département qui souhaitait répondre à un besoin local dans le but de créer une structure de proximité pour les habitants de quartier. En concertation avec la ville de Saint Pol/Mer, les services publics et les partenaires associatifs, le Conseil général créa ainsi la Maison des services en juin 2004 dans les locaux de l’UTPAS restés vacants.

Sous la coordination de Jamila TAR (Conseil Général), des permanences ouvertes aux publics sont mises en place : assistantes sociales de l’UTPAS, conseillère en économie sociale et familiale de la CAF, conseiller CRAM, et des associations telles que l’AAE (service spécialisé), IMANI…

Outre les permanences de services publics, différents activités sont également proposées par les associations : couture, danse, cuisine, … créant ainsi une certaine animation où les gens s’y sentent bien.

L’objectif de cette maison des services est d’offrir aux usagers un accueil chaleureux et individualisé dans le but de les orienter progressivement vers les dispositifs de droit commun. C’est avant tout un service qui reste au service du parcours de la personne en l’aidant à se réinsérer socialement et professionnellement.

Depuis l’ouverture de la Maison des services, on comptabilise 9000 visites. Grâce aux bouches à oreilles, on observe progressivement l’arrivée d’usagers résidant dans les communes avoisinantes comme Dunkerque, Grande-Synthe, …Parmi les usagers, on dénombre un grand nombre de personnes retraitées et isolées, ainsi que des usagers rencontrant des problèmes de surendettement.

Accueil des migrants :

L’accueil des migrants, c’est à dire des personnes fuyant leur pays dans l’espoir de trouver une autre terre d’accueil (l’Angleterre), se passe aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles. De peur d’être arrêtés par la police, ils vivent, en effet, cachés dans des zones confinées de l’agglomération dunkerquoise en subissant la faim et le froid. Les bénévoles de l’association SALAM leur distribuent 2 fois par semaine des repas et des vêtements, mais cela reste insuffisant en raison de leur grand nombre.

L’absence de lieu d’accueil rend la gestion des secours très difficile. Les médecins sont en effet amenés à donner des soins médicaux dans des conditions de fortune, comme les coffres de voiture. Les distributions de repas et de vêtements s’effectuent dans les dunes sous la pluie, le vent et le froid. Malgré tout, les bénévoles tentent d’apporter à ces personnes un peu de chaleur en les écoutant. L’association constate, par ailleurs, la présence d’enfants parmi les migrants dont certains sollicitent des informations sur leurs droits à résider en France.

• Quelle est la compétence du Conseil général à l’égard des mineurs étrangers ?

Le services de l’aide sociale à l’enfance du Département est compétent pour accueillir et protéger tout mineur isolé jusqu’à 21 ans. On constate, cependant, qu’un grand nombre de ces enfants recueillis ne souhaitent pas rester dans les structures d’hébergement et fuient pour rejoindre leur famille.

Serait-il envisageable de mettre en place des permanences d’assistantes sociales sur ces lieux de passage dans le but d’informer les mineurs isolés de leur droit d’être protégés ?

Rappelons que toute personne voyant un mineur isolé doit l’orienter vers les services de l’aide sociale à l’enfance au sein des Unités Territoriales de Prévention et d’Action Sociale de secteur.

2. Est ce que le maillage des structures d’accueil couvre tous les territoires de la CUD ?

• Y-a-il d’autres services d’accueil et d’orientation tels que la maison des services dans d’autres communes ?

Il existe au sein de chaque mairie de quartier , sur le territoire de Dunkerque, un agent d’aide aux démarches administratives qui informe et accompagne les usagers dans leurs démarches administratives (ancien Point Infos-Droits).

On peut également noter la présence de service d’information dans les structures associatives comme l’AJS, ACL Proxi Pol, la boutique de l’insertion de l’AAE, ou les Restos du cœur (où 2 bénévoles ont été formés pour travailler exclusivement sur la question de l’accueil, de l’information et de l’orientation).

Pour aider les bénévoles et professionnels à se tenir informer des dispositifs locaux en matière d’insertion, des ateliers d’information ont, par ailleurs, été mis en œuvre par l’AAE à raison de 5 demi-journées.

• Il existe des lieux d’accueil partout, mais sont-ils connus de tous et notamment des personnes en difficulté ? comment faire alors fonctionner le « bouche à oreilles » ?

Répondre à cette question suppose de s’interroger sur ses propres pratiques professionnelles en se demandant : comment être au service des usagers et pas seulement au service de l’intérêt de son propre service ? C’est un état d’esprit qu’il faut développer afin d’offrir aux usagers un accueil de qualité et ne pas le renvoyer d’un service à un autre.

• Comment pouvons-nous alors partager toutes les connaissances issues de la richesse du réseau que nous formons ?

C’est la vocation par exemple du site créé par le Carrefour des solidarités qui enregistre 2000 connections/mois.

Au-delà des supports de communication, on constate que ce maillage organisationnel reste pertinent dans certains territoires et moins dans d’autres. Notre territoire est, en effet, riche de structures institutionnelles et associatives, (ex : le Carrefour des solidarités est unique), mais nous n’exploitons pas suffisamment cette immensité de ressources. Le problème est dans une 1ère mesure, de bien organiser notre réseau sur le territoire et dans un 2ème temps d’aller vers les personnes qui ne sont pas mobiles.

A quelle échelle territoriale est-il pertinent d’articuler ce maillage ?

Sur certains territoires et notamment hors-CUD, le travail reste très important à faire. En effet, si les personnes mobiles se déplacent vers les associations caritatives lorsqu’elles sont orientées par les travailleurs sociaux. (Ex : Le phare accueille des familles de Pitgham, Fort-Mardyck, Cappelle la Grande, Coudekerque-Branche), d’autres n’en ont pas la possibilité.

Quelques solutions ont été mises en place pour atteindre les publics en difficulté vivant dans des territoires dépourvus de solidarité organisée ?

Propositions collectives :

- Savoir se mettre au service de la personne et non plus se limiter au fonctionnement de sa propre structure.

- Maintenir des lieux d’accueil généralistes comme la Maison des services à St Pol/Mer est nécessaire aux besoins de la population.

- Aller vers les personnes en difficulté qui ne se manifestent pas et qui n’ont pas de solidarité active autour d’eux. Ex : mise en place des forums associatifs dans les lieux dépourvus de lieux d’accueil, ou système de maraude dans des territoires éloignés pour les informer des services existants (partenariat éventuel avec la STDE) autour d’une ambiance de fête du village.

- Développer l’offre de formation des bénévoles et professionnels dans le but d’améliorer les conditions d’accueil des personnes en difficulté.

- Partager la richesse du réseau par le développement de l’information des acteurs.

- Aménager des lieux, en soirée ou week-end pour les personnes isolées.

- Créer en urgence un lieu d’accueil pour les migrants leur assurant un minimum de dignité. Un endroit qui permet de leur offrir des 1ers soins médicaux et de les informer de leurs droits, notamment à l’égard les mineurs isolés. Ces personnes sont démunies de tout (alimentation, vêtements, soins, hygiène de vie, intimité) et vivent dans une peur constante.

D’ores et déjà, nous vous invitons à nous envoyer vos propres contributions pour enrichir notre réflexion collective dans l’évolution du projet des Assises de la solidarité.

Prochaines réunions :

- « Survivre 1 », jeudi 21 février 2008 à 17h30 à l’Atrium à Grande-Synthe

- « Survivre 2 », jeudi 28 février 2008 à 17h à la Maison de Quartier de Rosendaël (suite)

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