Le compte-rendu de la 1° rencontre : fonctionnement démocratique

le fonctionnement démocratique de l’aide sociale
Compte-rendu
24/01/08.

En tête de réunion, rappel a été fait du déroulement prévu des Assises de la solidarité (cf le journal du Carrefour des solidarités et le supplément Assises). Puis les questions à l’ordre du jour de la réunion ont été abordées. Elles étaient au nombre de trois :

- quelle place donne-t-on à la parole des usagers des services sociaux ?
- l’accès aux droits
- les voies de recours

Quelle place donne t-on à la parole des usagers ?

Depuis la loi du 2 janvier 2002 relative à la démocratie participative, un certain nombre de dispositifs ont été mis en place pour renforcer la place des usagers dans les structures d’accueil : Il existe ainsi des lieux tels que les conseils de vie sociale des structures d’accueil (ex : les centres d’hébergement d’urgence, les résidences de personnes âgées, les conseils de maison de quartier) où la parole des usagers est prise en compte.

Certains C.C.A.S. ont aussi mis en place des commissions dans lesquelles peuvent s’exprimer leurs usagers.

Des associations ont aussi, de leur propre initiative, tenté d’ouvrir de tels lieux ou de tels moments. Ces expériences ne semblent pas toujours concluantes.

La nécessité de donner toute sa place à la parole des usagers est une évidence partagées par tous les participants.

Mais les principales difficultés rencontrées ont été exprimées de la façon suivante :

Comment parler de la citoyenneté des usagers lorsqu’on n’est pas au clair sur sa propre citoyenneté ?

Les gens ne parlent que lorsque ça leur paraît utile. Il faut donc construire les cadres où la mise en confiance est possible. C’est-à-dire que les gens ne parleront que s’ils font l’expérience que cela aura servi à quelque chose. La confiance est fragile. L’un des principaux rôles des associations est de créer des organisations où la parole est efficace et pas nécessairement des lieux de revendication individuelle.

L’appréhension de l’autre est souvent à l’origine de nombreux freins. A partir du moment où quelqu’un a la possibilité de contester un pouvoir qu’il soit grand ou petit, ça fait peur ! Et c’est normal. Ne doit-on pas alors construire l’expérience qui va apaiser la peur. La question est alors : comment peut-on construire l’expérience qui va apaiser notre peur et devenir constructive ? La présence d’un tiers n’est-elle pas un des moyens qui permet de dépasser les peurs. Ex : des administrateurs au sein des conseils de vie sociale, ou des agents de développement local à Grande-Synthe qui vont vers les habitants de quartier pour les interroger.

L’écoute personnelle est primordiale et permet aux personnes en difficulté de se décharger en partie de leur fardeau. Les gens ont en effet comme premier besoin d’être écouté et de trouver des solutions à leurs problèmes. D’autres personnes ont besoin d’être accompagnées, même physiquement (ex :chez le médecin), car parfois l’orientation ne suffit pas. Mais ce travail individuel est-il un travail de citoyenneté ? Celui-ci suppose qu’on reconnaisse être dans un réseau collectif où il existe des réponses collectives. Comment créer alors le passage de la demande individuelle à la dimension collective de la réponse possible ? Ce n’est donc pas forcément la question de l’accueil. Comment faire en sorte que la parole entendue soit une parole de citoyen et comment peut-elle être entendue par d’autres citoyens ? Nous ne sommes jamais des individus seuls face à une personne. Le bénévole ou le professionnel qui accueille est au sein d’une association qui a sa propre organisation avec des règles qui sont prises par l’usager comme indiscutables. Le 1er pas de la citoyenneté reconnue ne serait-il pas que l’usager participe à la construction de la règle ?

Mais alors est ce que les associations sont prêtes à entendre la parole des usagers et à faire en sorte qu’ils participent d’une façon ou d’une autre à la définition de la règle qui va les concerner ? Où l’usager va t-il pour discuter de ces règles ? Comment construisons nous ce passage ? C’est faire en sorte que les usagers ne soient pas seulement de simples consommateurs de services mais des personnes responsables y compris des règles qu’elles doivent suivre.

L’usager a un savoir-faire qui est capital à la construction de la solution.

Et ceux qui ne prennent jamais la parole, quelle place leur fait-on ?

Parmi les pistes évoquées, il y a eu celle de la participation d’usagers à la commission d’aide alimentaire du Carrefour des solidarités. Certains ont précisé que cette participation ne serait crédible et efficace que s’il s’agissait de réunions de travail consacrées à l’élaboration des règles d’accès à l’aide alimentaire ou à la forme concrète de cette aide.

Il n’y a pas eu le temps d’ouvrir d’autres pistes.

L’accès aux droits ?

Les bénévoles deviennent des médiateurs quand ils accompagnent des familles dans leurs démarches administratives. Les professionnels eux-mêmes font constamment ce travail. Il y a là certainement un moyen d’aider les usagers qui ont peur et qui n’osent pas à accéder à leurs droits. Concernant cependant les bénévoles la question se pose du degré de connaissances qu’ils devraient avoir de ces droits. Ils ne prétendent pas être des professionnels et leur rôle peut être cependant complémentaire par rapport à ceux-ci.

Les recours ?

Les personnes présentes ont reconnues qu’elles avaient peu de connaissance des voies de recours existantes déjà de façon officielle comme le médiateur de la république ou les dispositifs mis en place dernièrement dans le cadre de la loi DALO concernant l’accès au logement. Il serait impératif, dans un premier temps, de fournir les informations nécessaires à la connaissance de ces formes concrètes de recours.

Restent posées les questions concernant les voies de recours par rapport aux services proposés par les associations elles-mêmes. Le problème bien que posé en début de réunion n’a pas été abordé faute de temps.

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