Le collectif migrants en appelle aux autorités

Devant la situation que connaissent les personnes migrantes de passage sur le territoire de la communauté urbaine, en particulier sur le site de Téteghem, et au début de cet hiver, les associations ont décidé d’interpeller les autorités publiques.

Communiqué de presse du 18 novembre 2010

Les associations humanitaires de la région dunkerquoise dont les bénévoles interviennent chaque jour auprès des personnes migrantes de passage sur le territoire de la communauté urbaine de Dunkerque en appellent tant aux autorités d’Etat qu’aux autorités locales.

Tout recours à la force publique pour démanteler les camps de fortune établis par les personnes migrantes, en particulier sur le territoire de la commune de Téteghem, serait inhumain, provoquerait des souffrances encore plus grandes que celles que ces personnes vivent actuellement et serait totalement inefficace par rapport aux problèmes posés par ces campements de fortune.

Elles rappellent que l’augmentation importante des campements sur Téteghem est une conséquence directe du démantèlement opéré il y a quelques mois par les forces de police sur le territoire de la commune de Loon Plage.

Elles ont constaté que tout démantèlement augmente de façon catastrophique, pour les personnes migrantes et en particulier pour les familles et les enfants qui s’y trouvent, la précarité de leur vie quotidienne. En ne faisant que les disperser, il n’a pour conséquence que d’augmenter la gravité des problèmes de survie et de santé que ces personnes connaissent.

Les associations humanitaires demandent :

- qu’il n’y ait, au moins pendant la période hivernale qui commence dès maintenant, aucune destruction de camp, de la même façon que les pouvoirs publics ne procèdent pas dans cette même période à l’expulsion de leur logement de citoyens en situation de précarité,
- qu’en tout état de cause, le matériel qu’elles ont réuni grâce aux dons d’autres citoyens et au financement accordé par les collectivités locales soit respecté et non détruit,
- que des solutions soient apportées pour assurer l’hygiène collective (poubelles plus souvent ramassées ou mise en place de benne) ainsi que l’hygiène personnelle (accès à des douches),
- que les familles avec enfant puissent sans restriction bénéficier de l’hébergement d’urgence mis en place dans le cadre du 115.
- Qu’il y ait une négociation avec chacune des communes concernées pour mettre en place des solutions de replis en cas de froid d’extrême rigueur (tente chauffée ou abri en dur provisoire)
- Que les personnes qui demanderaient l’asile ne soient pas immédiatement rejetées dans des solutions de logement et de survie encore pires que celles qu’elles ont connu avant cette demande.
- Que toutes les autorités concernées se mettent réellement autour d’une même table avec les associations pour construire les solutions humainement acceptables à la situation connue.

Les associations réaffirment que d’expérience, la plus grande partie des citoyens des communes directement concernées, malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, ont le réflexe de la solidarité humaine et les aident dans leur travail humanitaire.

Elles ne veulent plus entendre ce que vient de leur dire l’un des habitants de ces abris précaires : « Ici, je meurs tous les jours de mort lente. Si je retourne dans mon pays, au moins, ma mort sera rapide. »

Salam,
Terre d’errance Flandre littoral ,
Le Secours catholique,
Terre d’errance, antenne de Téteghem,
Emmaüs,
Le M.R.A.P.
La Ligue des droits de l’homme
A.C.C., minorités visibles,
Médecins du monde,
Le Carrefour des solidarités

En outre, les associations réitèrent leur demande concernant la présence à Dunkerque d’un fonctionnaire pouvant accueillir les demandes d’asile. En effet, sur le littoral dunkerquois, les associations qui sont sollicitées par des migrants ou autres voulant déposer une demande d’asile sont totalement démunies. Il conviendrait donc - proposition déjà faite au précédent sous-préfet - qu’il y ait, à des rythmes à définir, un ou des fonctionnaires lillois détachés à Dunkerque pour instruire de tels dossiers qui actuellement ne peuvent l’être qu’à la Préfecture à Lille.

Se rendre à LIlle quand on est un migrant sans ressources et sans papiers et qu’impérativement il faut se déplacer personnellement pour déposer une demande, c’est onéreux, périlleux (contrôles dans les trains et dans les gares) et contraire à la bonne administration d’un service dit public.

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