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Le camp de réfugié de Loon Plage a été détruit à son tour. Témoignages et réactions.

Sommaire

- Témoignages
- Lettre à Monsieur le Sous Préfet de Dunkerque
- Lettre à Madame la présidente du directoire de Dunkerque Port

Témoignages

T.

Je commence par hier.

Sur Loon, un réfugié nous a expliqué qu’il s’était fait matraqué et insulté par un policier qui était passé contrôler. Il ne comprenait pas pourquoi.

Sinon le H.C.R. et toute la clique sont venus et ont pu prodiguer la bonne parole.

Sur Grande Synthe, même topo. Un réfugié a été hospitalisé suite à un matraquage et une bastonnade par le même policier. Il n’a pas compris. Car, quand ils sont arrivés, il est resté assis et a attendu le contrôle. Tous les deux nous ont donné la même description des policiers. C’est honteux surtout que ça se passe toujours bien en principe. Je ne vois pas pourquoi autant de violence

Aujourd’hui,

Après avoir chargé des pommes à Emmaus et nous rendre sur Loon avec S. et un diacre, en arrivant, nous avons constaté la présence de la maréchaussée et des destructeurs de camp. Deux squattes étaient déjà rasés. Je me suis inquiétée auprès des policiers de savoir si les réfugiés avaient pu ramasser leurs affaires perso. Il m’a confirmé que oui. Comme un camp n’était pas encore détruit, j’ai demandé si on pouvait s’y rendre. Il m’a dit non puisque c’était en chantier. J’y suis allée quand même, j’ai fait le tour des tentes. Je suis retournée voir le responsable et je lui ai dit que c’était bien malheureux toutes ces tentes qui nous étaient données ou qu’on achetait. Il m’a répondu que c’était pas son problème. J’ai redemandé à récupérer au moins les tentes et il m’a dit non. Je lui ai dit que c’étaient les mêmes qui rasaient aujourd’hui qui demain nous demanderaient de leur ramener tout ce qu’il faut puisqu’ils n’auront plus rien. Donc j’ai commencé à fouiner dans les cabanes et j’ai ramassé sacs et nourriture dans toutes les cabanes debout et ils nous ont laissé faire.

Avec M., nous sommes retournées cet après midi pour porter nourriture et couvertures. Nous avons trouvé à peu près une trentaine de personnes, les autres ayant été amenés sur Lille.

Voilà. Je trouve qu’ils ont quand même de bonnes méthodes de dissuasion. On fait venir le HCR et l’OIM pour leur dire leurs droits et le lendemain, on rase tout. Je crois que la prochaine fois, je n’accepterai pas le mélange

merci et à bientôt

F.

Chers amis,

Je ne peux m’empêcher de partager un peu avec vous mon ressenti ce soir. Partager, c’est un peu alléger, il paraît. Alors voilà

Je me suis permise de prendre quelques photos et suis rentrée dans quelques cabanes.L’une d’entre elle était une mosquée, faîtes avec simplicité, tapissée de blanc. Des vrais tapis au sol. Dehors, une palette en guise de paillasson, deux bouteilles d’eau vides qui avaient dues servir à se purifier. Il y régnait une ambiance sereine et accueillante. Tant d’espoir et de trop plein du coeur vidé là dedans. Cet endroit mystérieux, magique. En arrière "bruit", les sons des grues s’affairant à quelques mètres. J’ai eu une drôle d’impression de calme avant la tempête. Tous ces tapis emmenés durant leur périple, travail de tant d’heures, bouleversés, chavirés, par notre beau monde occidental à coup de pelleteuse !

Je ne comprends pas tout. Aurait-on oublié que ce sont des hommes en face de nous ?

S.

Lettre à Monsieur le Sous Préfet de Dunkerque

Dunkerque, le 18 juin 2009

Monsieur le Sous Préfet,

Les associations humanitaires membres ou partenaires de notre réseau vous ont déjà exprimé maintes fois, directement ou par notre intermédiaire, leur approbation sur la lutte contre les passeurs, profiteurs de la misère, mais aussi leur désapprobation la plus complète sur la destruction des pauvres abris des personnes migrantes de passage sur notre littoral et la confiscation voire l’anéantissement de leurs quelques biens personnels.

Nous savons d’expérience qu’il ne sert à rien aujourd’hui de rappeler, par votre intermédiaire, à notre gouvernement, que de tels actes sont contraires aux droits de l’homme, cœur de notre constitution et totalement inefficaces pour régler les problèmes posés par la présence de ces personnes.

En revanche, vous vous étiez engagé devant nous à ce que la mise en œuvre des ordres que vous recevez ne soit accompagnée de violences gratuites et d’attitudes vexatoires. Nous avons pu constater que la plupart des policiers que vous avez délégués font leur travail dans le respect d’un minimum d’humanité. Malheureusement, plusieurs des membres des associations présents sur les lieux ont pu constater aussi que certains d’entre eux non seulement avaient le « courage » de frapper des hommes à terre au point qu’ils ont dû se faire soigner ensuite, mais qu’ils accompagnaient ces voies de fait d’insultes racistes. Nous sommes habitués malheureusement à vos enquêtes administratives qui n’aboutissent officiellement jamais. Nous n’attendons donc de votre part aucune communication sur ces faits. En revanche, il en va de l’honneur de l’Etat français que les hommes qui ont commis ces faits soient sanctionnés et retirés de telles opérations.

Enfin, les personnes présentes sur les lieux de ces destructions ont particulièrement été frappées par le fait qu’elles touchaient aussi les lieux de culte mis en place de façon simple mais digne par les personnes migrantes elles-mêmes. Vous comprendrez aisément que pour beaucoup, c’est un espace sacré qui a été massacré. Notre république laïque a toujours respecté de tels lieux. A quelles extrémités sommes-nous donc arrivé ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Sous Préfet, mes salutations distinguées.

Thérèse Caulier, Présidente d’honneur du Carrefour des solidarités

Lettre à Madame la présidente du directoire de Dunkerque Port

Dunkerque, le 18 juin 2009

Madame la Présidente,

C’est à votre demande que la police vient d’intervenir sur le territoire du Port situé à Loon Plage pour en déloger les personnes étrangères migrantes de passage et que des entreprises ont effectué sur votre ordre le saccage et la destruction des quelques biens de ces personnes. Les associations humanitaires membres ou partenaires de notre réseau en ont été les témoins directs et veulent vous manifester leur désapprobation la plus complète.

C’est en effet être aveugle que de considérer que de telles destructions, menées de façon inhumaine, régleront le problème de ces centaines de personnes qui, après de longues pérégrinations, n’ont pas d’autres buts que de partir de notre territoire. Vos prédécesseurs ont sans doute oublié de vous dire qu’après chacune de leurs interventions les camps détruits se reconstituaient. L’espoir de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants est toujours plus fort que la froideur calculatrice d’une administration.

Pour être à leur côté tous les jours, nous concevons volontiers que leur présence peut poser des problèmes aux activités portuaires. Comme vous, nous ne pouvons admettre la loi des passeurs qui ne font qu’exploiter cette misère contre laquelle nous luttons. Mais nous savons aussi et nous réaffirmons fortement auprès de vous que ce n’est pas l’opposition de la force brutale de vos bulldozers qui règlera ces problèmes.

Nous sommes bien évidemment à votre disposition, comme nous le sommes auprès des autorités préfectorales qui nous ont déjà reçu à maintes reprises, pour discuter de cette situation et trouver, éventuellement, des solutions que nous savons a priori provisoires. Membre du conseil du bien être de Dunkerque Port, nous savons être disponibles aux membres de la communauté portuaire pour les aider en cas de besoin. Nous demandons aujourd’hui la réciprocité.

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, mes salutations distinguées.

Thérèse Caulier, Présidente d’honneur du Carrefour des solidarités

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