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Le Secours populaire français : prendre le temps de la solidarité

Sur une large avenue qu’on appelle ici boulevard, juste entre les maisons de ville si typiques de Rosendaël et quelques immeubles collectifs de briques jaunes, un magasin à la devanture blanche. Sur la devanture, des affiches qui rappellent les vacances et d’autres qui renvoient aux activités de la maison de quartier, toute proche. Dès l’entrée, le sourire d’une femme d’un certain âge. Elle discute avec une autre femme qui tâte les « fouffes » qui remplissent la pièce. Du fond, nous vient une invitation à nous rapprocher. Café, accueil chaleureux, souvenirs d’un passé commun. Nous voici dans le local du Secours Populaire Français.

Jean-Marie Sornin, petit homme plein de vivacité et prêt à en découdre avec qui ne partagerait pas ses convictions, et Marc Albert, cheveux poivre et sel, qui en a trop à dire et à travers les yeux duquel on voit passer toutes les personnes qu’accompagne l’association, nous accueillent. Le premier parle avec son expérience d’ancien technicien métallo formé dans les luttes sociales et, depuis un peu moins de vingt ans passé au travail social dans un C.C.A.S. L’autre ne peut renier sa formation d’éducateur spécialisé et son expérience professionnelle. Mais là, au Secours populaire, ils sont bénévoles et c’est comme bénévoles qu’ils parlent. D’autres bénévoles passent de temps en temps, pour s’asseoir un instant ou pour écouter notre conversation.

« Ce qui nous importe avant tout, nous disent les deux compères, ce n’est pas tant d’apporter de la nourriture ou d’offrir des fouffes, c’est d’accueillir les gens dans un climat de confiance tel qu’on puisse réellement entrer en discussion avec eux. C’est d’ailleurs pourquoi nous ne leur faisons pas remplir les fiches d’inscription. Car pour nous, la pauvreté n’est jamais fatale. Le pire serait de se complaire dans l’exclusion ou l’assistanat. C’est pourquoi, la première exigence que nous avons vis-à-vis des gens, c’est qu’ils soient suivis par un travailleur social. Les bénévoles ne sont pas là pour les remplacer. Parce que nous n’en avons pas les compétences. Surtout parce que nous avons autre chose à faire. Ce n’est pas tous les jours facile d’accepter d’aller voir un travailleur social. » « Parfois les gens en ont ras le bol d’aller voir l’assistante sociale », nous précise Marc. « Certains même ont l’impression qu’ils doivent se mettre à nu devant quelqu’un d’étranger. C’est à nous de les rassurer et de les réconforter pour qu’ils puissent malgré tout trouver avec elle quels moyens utiliser pour sortir de leur situation difficile. »

« On les aide bien sûr. En fonction de nos possibilités ils peuvent bénéficier de nourriture, de vêtements ou de vacances, par exemple. Ainsi, nous avons été ouvert tout l’été et ils ont pu bénéficier de tous les légumes que nous pouvions récupérer. Mais, et c’est notre deuxième exigence, nous faisons en sorte qu’ils aient plaisir à revenir nous voir et à prendre le temps de se raconter, de discuter, de rêver aussi parfois à autre chose. Cela nous permet aussi de prendre le temps de les écouter et d’identifier progressivement avec eux ce dont ils ont vraiment besoin. Et, bien souvent, ce n’est pas la nourriture qui est le plus important. » « C’est ce que vous n’avez pas compris », reprend Jean-Marie avec son acidité ordinaire, « lorsque vous avez parlé de notre action concernant les jouets de Noël. Depuis l’été dernier, nous avons discuté avec les gens. Nous nous sommes mis d’accord avec eux pour qu’ils écoutent leurs propres enfants et leur achètent les jouets qu’ils souhaitaient vraiment. Mais pour leur permettre de faire ces achats,nous avons compensé la dépense par de la nourriture ou par des bons d’achat. »

Nous les interrogeons sur le réseau que constitue le Carrefour des solidarités. « Il est essentiel pour nous », ont repris en chœur Jean-Marie et Marc. « C’est grâce au soutien concret des uns et des autres, que nous continuons à fonctionner. C’est parce qu’Emmaüs ou les Restos du coeur nous ont envoyé parfois cet été des légumes que nous avons pu en distribuer autour de nous. D’ailleurs, pour nous, pas de fausse appropriation ou d’esprit boutique. Nous avons dit à ceux qui ont pu bénéficier de ces légumes qu’ils venaient d’Emmaüs. On aimerait pourtant pouvoir plus souvent échanger concrètement sur nos expériences différentes. Pour nous, par exemple, la distribution alimentaire n’est pas l’essentiel alors que pour d’autres cela le paraît. Ou encore, dans notre rue, il y a trois associations qui interviennent alors que dans d’autres coins, il n’y a personne. Est-ce qu’on ne devrait pas en discuter ? »

Vous dire que nous avons fini par partager la galette des rois. Vous dire encore que les échanges entre bénévoles, autour d’une tasse de café, sont parfois animés. C’est aussi toute la richesse d’une association qui s’exprime dans des moments de convivialité. La discussion aurait pu encore se poursuivre tant il y avait matière à discuter, mais il se faisait tard, et il fallait s’arrêter quitte à reprendre un jour le dialogue.

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