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La congrégation de l’armée du salut : Pain, savon, salut !

Dans notre univers encore baigné de cultures chrétiennes à majorité catholique, la présence de ces religieux protestants, d’origine anglo-saxonne, ne correspond à aucun point de repère. Encore moins quand on est de cultures agnostiques ou laïques. On les accepte parce que, chez eux, les pauvres ont une place privilégiée. Il était donc temps d’aller leur rendre visite. C’est ce que nous avons fait, Isabelle et Jean-Marie, comme nous le faisons avec chacun des membres du Carrefour des solidarités. Suivez les guides.

Jean-Paul et Geneviève nous ouvrent la porte. Sourire, chaleur, simplicité. Ils nous emmènent, juste à côté, dans une salle qui fait estaminet. Non de ces estaminets modernes qui ont du mal à se différencier des bars ordinaires. Ce n’est pas qu’on n’y sert pas d’alcool. Non. De ces vieux estaminets où la place disponible est entièrement consacrée à vous permettre de vous asseoir autour de tables : pour discuter un coup, pour rigoler, pour taper la belote, voire même pour se parler de choses essentielles. Compte tenu de l’espace, ça fait aussi un peu salle de classe. Mais vous connaissez beaucoup de salles de classes dans lesquelles on trouve un congélateur (plein de pizzas), des manuels de prière ou de quoi vous servir un café ou un jus de fruit ?

Pourquoi ne pas vous le dire simplement : ça nous plaît bien et nous sommes à l’aise. Et puis, la conversation aidant, on découvre que ça ressemble étrangement à ce qu’ils sont et à ce qu’ils font. Bonjour les idées reçues ! Ils sont religieux. En droit français, ils sont même une congrégation religieuse, d’où leur appellation. Leur objectif : annoncer la parole de l’Evangile. Transmettre ce qu’ils croient être le bonheur de l’homme qu’ils ont trouvé dans l’histoire de ce vieux Jésus. Mais attention ! D’expérience, ils savent que « ventre affamé n’a pas d’oreille ! » Alors, fidèle à la devise de leur fondateur, ils mettent en place le pain et le savon pour, éventuellement, déboucher sur des paroles de salut.

Une secte de plus ? Non. Toute la distance entre une secte et ce qu’ils font résident dans le « éventuellement » qui sonne la liberté de ceux qu’ils accueillent. Leurs rencontres commencent toujours par un partage de la bible, libre témoignage et libre discussion autour d’un texte pris en général de l’histoire de Jésus. Mais « n’y viennent que ceux qui le veulent », nous affirment-ils avec sérénité. « Certains ne viennent qu’après, au moment de la distribution des produits alimentaires. D’autres ne viennent que pour ces échanges, même quand ce n’est pas leur tour de bénéficier de cette distribution. » « On tient à cetteliberté parce que notre premier objectif c’est de remettre dans leur dignité ceux qui souffrent de la vie. » Et de nous donner comme exemple ces amies musulmanes, prêtes à mettre la main à la pâte pour faire des gâteaux de fête, mais qui se retirent avec simplicité lorsqu’on parle d’autre chose que ce auquel elles croient. Leur idéal ? « Permettre que s’assoient à la même table la princesse et l’ex taulard. »

On vous passe tous les témoignages qu’ils nous ont rapporté sur ce que vivent ou ressentent les personnes qui ont plaisir à venir les voir, même lorsque la vie fait mal ou lorsque la honte vous empêche de sortir. On vous passe la visite de la grande salle d’à côté, dans laquelle ils font chaque dimanche leur culte. L’orgue et la guitare jouxtent les réserves alimentaires pour lesquelles ils n’ont pas trouvé de place. On vous passe l’ordonnancement impeccable de leurs réserves, là où leur groupe prépare les cageots dans lesquels, de façon proportionnée aux besoins, mais de façon égalitaire, sont rangés les produits pour la prochaine distribution. On vous passe tous les échanges sur les difficultés de trouver la bonne façon de faire cette aide, dans le respect de la dignité des gens et dans l’espoir que cette aide ne sera que transitoire. On ne fera qu’une allusion à leurs maigres ressources personnelles (un smic pour deux), aux formations qu’ils suivent régulièrement et à l’évaluation permanente qu’exige leur propre mouvement. Dire qu’ils sont capables de coups de gueule devant telle ou telle situation est peu de choses. Ils sont bien capables de les envoyer eux-mêmes.

On vous passe tout ça, parce que, à force, le soleil a disparu et la nuit est tombée. On a quitté la classe et l’estaminet, la chaleur de leur accueil et la force de leurs convictions dont on a d’ailleurs peu parlé. Restait quelque chose… A vous de le trouver en allant leur rendre visite.

Isabelle et Jean-Marie

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