L’exil à nos portes

L’Exil à nos portes !

Etranger ? Qui es-tu ?
Que fais tu à Loon-Plage, Téteghem ou Grande-Synthe ?

Attention,
Fais toi petit car ici,
Pas le droit d’exister
Ici on ne t’attend pas.
Pas connu, déjà on te hait.

Grand de volonté et de détermination,
Tu avances à petits pas,
Petits pas dans ces si grands pays.

Oser traverser ces paysages ?
Sublimes, sinistres.
Croiser des destins aux multiples facettes ;
Grignoter des kilomètres aux forces de tes pauvres baskets,
Epuisé, lassé,
Inquiété, traqué,
Le regard hagard,
Le cœur bouillant d’espérance.
Pour seul ami, ton petit baluchon.
Des papiers de chez toi ?
Des photos de ton « avant » ?
Un téléphone précieux pour maintenir les liens.
Léger de bagage
Lourd de toute cette rancœur au fond de toi
Tu fonces droit devant…
Tu tournes, te détournes, et retournes.
Seul maître mot, le courage
Pour mettre fin à cette galère
Et enfin découvrir l’Angleterre.

Réfugié sans refuge,
Mot piégé
Un subterfuge…
Où es ta conscience ?
Que cherches-tu ?

Pourquoi tant de kilomètres…
Du Vietnam à Téteghem
Tu cherchais un asile,
Tu le trouveras dans nos cimetières…

La France scintille de mille facettes,
Mais, attention, ne te leurre pas
Admire… Envie…
Toutes ces couleurs ne sont pas pour toi !
Ne te leurre pas non plus de toutes ces couleurs,
La vie ici, les hommes la vivent souvent en noir et blanc.

Pourquoi oses-tu traverser notre pays ?
Tu nous fais honte…
Qu’est ce que ce monde qui a des laissez pour comptes
Sans laissez passer ?
Tu nous déranges, tu nous bouscules…
Où est ma conscience ?
Tu me déranges

Pourquoi ?
Pourquoi quittes-tu la tendresse des tiens ?
Le confort d’une famille ?
Même si tu n’as rien,
As-tu oublié qu’avec les tiens tu avais beaucoup ?

Tu rêves d’un monde meilleur ?
Si tu le trouves, appelle-nous
Si tu trouves ce que tu cherches,
Vas-y, fonce et rappelle nous ce
Pourquoi on accepte vents et marées,
Tentes et ventres vides,
Matraques et chiens,
Froid et toujours l’hiver dans la tête,
Regards haineux et solitude ?
Raconte-nous ce qui vaut ce prix ?

Pourquoi ?
Je me demande souvent :
« Pourquoi n’es tu pas toi aussi « bien né » ?
Quel est ce hasard qui détermine les hommes ?
Être né, tout simplement ici ou là.
la vie « facile », la vie sans fil,
Douleur du destin.
Insouciance de mon voisin.

Naître, simplement,
Dans la douceur et le confort,
D’une famille d’amour,
D’un simple cocktail
De pouvoir,
D’avoir,
De savoir

Aujourd’hui, je t’ai offert un poulet…
Demain, je t’oublierai
Après demain, peut-être, que t’offrirais-je ?
Peut-être viderais-je un peu mes poches ?
Soulager cœur et confiance
Trace d’humanité a minima

Pourquoi pas des frites et une bière ?
Car cela il faudrait les prendre au bistrot.
Et que là, ça se complique.
Je veux bien partager un moment,
Mais on n’a pas le même langage,
Ta vie est trop longue à raconter.
Je ne peux faire festin de ton destin
Festin de larmes, délires, colères et rires,
On mélangerait tout
Et cela aurait le goût amer d’une mauvaise farce

Je ne peux t’aider ou si peu,
Mais ce si peu…Un peu, je le ferais.
Aujourd’hui, demain, après demain,
Je lancerai un appel
Je passerai le relais.
Dès que je le pourrai, dès que je te rencontrerai
Je ferai un petit bout de chemin avec toi
En s’appliquant à chacun cette merveilleuse magie de transformation _ du soupir en sourire.

Mais souviens-toi. Tu la prends seul,
Cette route que tu as décidé de prendre.
Ne la prend pas comme une déroute
Moi aussi je dois tracer la route.

Tu cours, tu cours pour rattraper ton destin.
Je cours, je cours et essaie d’oublier tes chagrins.
Destins mêlés de chagrins ?
La rime ne devrait pas être de conséquence.
Souviens-toi, la vie c’est la joie.
Aujourd’hui, pas pour toi.
Demain, espère en toi.
Aujourd’hui, espère en moi.
Aurai-je une part de ton destin
Entre mes modestes mains ?

Je vais essayer de la tracer sans t’oublier.
Oublier que des hommes ont moins de chance que moi.
Vivre dignement avec ton visage en toile de fond
T’apporter un peu et m’apporter beaucoup…

M’apporter beaucoup,
Par le prix que tu donnes à toutes choses,
Un sourire, un regard, une présence,
Étincelles d’attentions.
Nous, on a un peu oublié ça,
Des petites joies que tu éprouves
Qui te rendent beau de bonheur.
On en a oublié le goût.
Aurait-on oublié le goût de l’essentiel ?

La magie d’une ombre,
La douce musique du feu qui réchauffe,
La chaleur du « partage de galère »
Le bon goût du pain qui a faim
La fierté de la débrouillardise

Rappelle-nous la simplicité
D’une vie pas compliquée

Et aussi, ce que tu réclames
De toutes tes forces d’un sans voix :

La bienveillance…

Migrant, sois bienveillant…
Rappelle-moi ces sentiments
Peut-être alors, je me souviendrai
Que tu appartiens à la même famille que moi….

Pourquoi cette Angleterre ou cette France ?
Ici aussi c’est la misère…
Prendre tant de risques pour gagner quelque argent qui soulagerait ta famille, ton village là-bas, si loin !!
Des années de galère pour te faire un passe droit…une survie, un avenir chaque jour mérité et toujours incertain…

Habitants de France, soyons conscients de notre bonheur de vivre dans un pays où un toit, un couvert, un minimum de vie sont normalement assurés
Habitants de France posons nous la question de pourquoi tant de haine et de mépris entre nous, pourquoi tant de visages tristes et préoccupés dans les rues…
An nom de l’humanité, optons pour la fraternité.
Nous avons l’essentiel et pourtant nous perdons un autre essentiel…
N’ayons pas peur… laissons parler nos cœurs…
Donner un peu…recevoir beaucoup…
IL EST URGENT DE VIVRE…………

A demain, à tout de suite
Merci

Emmaüs Dunkerque

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