L’avenir des associations

En réponse à une proposition de Jean-Claude Bernier, la réunion des présidents et présidentes des organisations membres du Carrefour des solidarités a porté, le 8 octobre dernier, sur les difficultés rencontrées actuellement par le milieu associatif.

Changements quasi permanents d’organisation des services de l’Etat, nos interlocuteurs, nécessité de répondre de plus en plus à des appels d’offre pour obtenir des financements publics, accompagné le plus souvent des incertitudes de ces financements et à leur baisse continuelle, tendance à ignorer les petites structures associatives et à privilégier les plus grosses ou leur regroupement, mise en cause de l’intervention de certaines d’entre elles au nom de la sécurité publique, accroissement des inégalités et donc de la nécessité pour les associations d’intervenir auprès de ceux et celles qui ont le moins de ressources, tel est, à grand trait, le paysage actuel, brossé par Jean-Claude Bernier, au début de la réunion.

Face à cette situation, les responsables associatifs, pris par l’urgence d’intervenir ont peu de temps pour prendre une certaine distance pour construire l’avenir de leurs associations. Ils étaient d’ailleurs peu nombreux à participer à notre réunion de travail. Le débat et les réflexions furent cependant nourris. Nous vous proposons d’en mettre en valeur trois aspects.

Les « appels d’offre » fragilisent plus les associations qu’ils ne rendent leur action pertinente. Il est vrai qu’ils concernent avant tout les associations qui dépendent fortement des financements publics. Leur multiplication, voire leurs diversités sont un frein manifeste à la continuité du travail social pourtant essentiel lorsqu’il s’agit d’accompagner des personnes dans leurs cheminements de réinsertion sociale. Les pouvoirs publics sont sans doute dans leur rôle lorsqu’ils décident des orientations de l’action sociale. Mais lorsque ces décisions se font sans réelles concertations avec les associations, voire avec les services, qui sont au contact direct des publics concernés, elles ont toutes les chances de n’être que théoriques et donc inefficaces. Et on sait combien les pouvoirs publics, à chacune des échelles du territoire, sont passés maîtres dans l’art de confondre concertation et explication autoritaire de leur point de vue. Il est donc impératif que les responsables associatifs s’impliquent dans les lieux de concertation et fassent de plus en plus respecter leurs points de vue. D’autant que les projets associatifs naissent souvent pour combler les manques manifestes laissés par les interventions publiques.

Les jeunes, objet de plus en plus de nos préoccupations, présence nécessaire pour le renouvellement de nos actions. On en parle. On en reparle. Mais aucune association ne semble avoir trouvé les moyens de les attirer durablement.

La nécessité des réseaux associatifs. Encore faut-il que leurs actions soient pertinentes et au service de tous. Plusieurs niveaux de mutualisation ont été désignés :

- Mettre réellement en commun des moyens administratifs, logistiques, humains, … jusqu’à la fusion ?
- Assurer avec des associations ayant des objectifs identiques une couverture plus complète des besoins dans les différents secteurs : le mot « maillage » a été plusieurs fois utilisé.
- Mettre en place un système d’information, de communication entre les acteurs : un réseau permettant aux membres d’être informés des possibilités et des compétences des différents partenaires.
- Un simple lieu d’échange d’expérience.

Autant de questions et de perspectives qui interrogent la pertinence du travail du Carrefour des solidarités et l’utilisation qu’en font ses membres.

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