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L’atelier de travail social s’est mis aux statistiques

Les membres de l’atelier de travail social avaient décidé d’étudier un certain nombre de données statistiques locales sur la situation des personnes pauvres. Observations, questions et éléments critiques ont été émis.

Les dernières réunions de l’atelier de travail social avaient été consacrées à débattre de la façon dont l’aide alimentaire était réalisée localement. Des rencontres avec les associations qui la pratiquent ont donné lieu à des échanges dont nous avons rendu compte dans nos précédentes éditions. Cette fois, l’atelier avait décidé de travailler sur les données statistiques recueillies par ces associations au moment des inscriptions et dont il est rendu compte régulièrement dans ce journal. Deux séries de chiffres ont été travaillées.

Données recueillies auprès des personnes inscrites à l’aide alimentaire régulière en 2010 et 2011.

Ne disposant pas encore des données concernant les personnes inscrites à l’automne dernier, l’atelier a travaillé sur celles de l’année précédente. Outre l’apprentissage nécessaire de la lecture des tableaux, les commentaires et questions se sont focalisées autour de trois questions.

Recueillir la nationalité des personnes demandant l’aide alimentaire ne serait-il pas de la discrimination contraire aux règles républicaines ? A la réflexion, il paraît justifié que l’association qui inscrit se renseigne sur les habitudes alimentaires des personnes, souvent liées à la religion, pour pouvoir adapter les produits qu’elles donnent à ces habitudes ou ces contraintes. En revanche, on continue à ne pas voir l’intérêt de produire de telles statistiques dans le cadre de l’observatoire. La solidarité ne s’arrête pas aux frontières et l’accueil des personnes étrangères est aussi un devoir humanitaire.

Les données concernant l’emploi ou non des personnes accueillies n’ont pas d’intérêt dans la façon dont elles sont actuellement présentées. En réalité, elles ne permettent pas, de répondre à deux préoccupations : de quelles ressources disposent réellement ces personnes et sont-elles proches ou éloignées de l’emploi. Concernant la première préoccupation, les ressources, d’autres données sont disponibles et sont parlantes. Encore faudrait-il ne pas se satisfaire uniquement d’une moyenne qui cache souvent une grande disparité. Si en moyenne, les personnes inscrites ont des ressources se montant à 560 € par unité de consommation, rien n’est dit actuellement sur les personnes dont les ressources sont plutôt de l’ordre de 200 € par mois. Or, elles existent et il faudrait pouvoir en mesurer le nombre.

Concernant la proximité ou non par rapport à l’emploi, le débat a redoublé lorsque l’atelier a découvert que près d’un quart des personnes inscrites l’étaient depuis plus de trois ans. Ne conviendrait-il pas alors de croiser cette information avec celle sur la position professionnelle ? Ce chiffre ne devrait-il pas interroger avec force les associations ? Est-il normal d’aider certains plus de trois ans ? Est-ce que cela ne cache pas autre chose ? Les associations font-elles vraiment leur travail d’accompagnement social ?

Données concernant le calcul des ressources nécessaires à la survie

L’atelier s’est intéressé ensuite aux données recueillies permettant de mesurer les ressources nécessaires à la survie ordinaire. Il s’agissait du budget type d’une famille que nous avions réalisé à partir des enquêtes menées par la Voix du Nord, intitulées Chariot test.

Après discussion sur la liste des prix des produits alimentaires retenus dans l’article de la Voix du Nord, le groupe a estimé qu’ils étaient loin de la réalité qu’ils connaissaient. Il a donc décide que ses membres feraient eux-mêmes le relevé de prix suivant les produits présents dans le chariot.

L’analyse des montants retenus pour les autres dépenses a donné lieu à des propositions de réajustement. Le montant de l’énergie a paru faible (73€). Avec le gaz et l’électricité il faut compter environ 150€. Idem pour les autres postes : vêtements (60€), transport (80€), eau (45€), santé (60€) et téléphone (60€). Ces sommes ont donc été, à la demande du groupe, réévaluées. On est donc arrivé finalement à un montant total de 1313€ pour une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants de – de 14 ans), ce qui a ramené à 625€ par mois et par unité de consommation le montant nécessaire pour survivre chaque mois. Force a donc été alors de constater qu’avec le montant actuel du R.S.A. les familles étaient loin du compte.

« Quand on voit ce résultat, on se demande comment vivre. Ne faudrait-il pas donner l’équivalent du RSA à nos parlementaires et leur dire d’essayer de survivre avec ça ? » Conclusion apportée par l’un des membres de l’atelier et largement partagée par les autres. « Pourquoi ne pas envoyer aux candidats à la présidentielle un courrier avec le tableau mis à jour ? » C’est le travail que s’est donné l’atelier de travail social pour sa prochaine réunion.

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