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L’atelier de travail social et l’aide alimentaire (suite)

Après avoir travaillé eux-mêmes sur l’aide alimentaire, les membres de l’atelier de travail social ont souhaité rencontrer les associations qui agissent en ce domaine. Ils ont accueilli des représentants de la Croix Rouge et de la Congrégation de l’Armée du Salut. Les échanges ont été francs de part et d’autres. En voici les premiers extraits.

A.T.S. : Pourquoi faire payer les dépannages ?

La Croix Rouge : nous n’avons pas de subventions. L’argent pour acheter les marchandises vient des secouristes qui participent aux gardes les week-ends et des collectes que nous faisons chaque année. Les marchandises distribuées proviennent de la banque alimentaire et des achats que nous effectuons. Nous demandons une petite participation financière aux personnes qui veulent obtenir notre aide alimentaire.

A.T.S. : Je suis venue à l’association avec une fiche de liaison remplie par une assistante sociale. Comme je ne pouvais pas payer les 0.50€ par personne, on m’a dit « vous n’aurez que la moitié d’un colis ».

La Croix Rouge : On donne chaque mois environ 250 à 300 parts pour les personnes venant avec des fiches de liaison. C’est au détriment des personnes inscrites à l’aide alimentaire régulière qui eux paient une cotisation annuelle de 8€ par personne. Si les personnes qui viennent avec une fiche de liaison ne peuvent pas payer les 0.50€, les bénévoles ne donnent pas de café, ni de sucre. La cotisation annuelle est de 8€ par personne. Pour les dépannages, elle est de 0.50€ par personne.

A.T.S. : Mais quand on a plus d’argent même 0.50€ on ne peut pas les donner. Faut-il aller à la banque et demander un justificatif avec un tampon ?

La Croix Rouge : Nous n’avons jamais laissé repartir quelqu’un sans rien. Mais si elles ne peuvent pas payer dans l’immédiat, les personnes ne pourraient-elles pas revenir payer lorsqu’elles touchent leurs prestations ?

La congrégation : Nous ne recevons pas non plus de subventions. En ce moment nous recevons très peu de denrées de la banque alimentaire. La cotisation annuelle est de 8€ par personne (4€ pour 6 mois). La carte pour l’inscription à l’aide alimentaire régulière et un point sur la situation des familles sont faits tous les 6 mois. Nous avons un partenariat avec l’église protestante. Les colis de dépannage sont constitués à partir des parts de la banque alimentaire et des dons que nous recevons. Nous ne faisons pas payer les dépannages car les marchandises nous sont données gratuitement. Et en ce moment nous faisons des dépannages tous les jours.

A.T.S. : A quoi sert le montant des cotisations payées par les personnes inscrites à l’aide alimentaire régulière ?

La Croix Rouge : Nous distribuons 585 parts ce qui représente environ 5 000€. La cotisation de chacun couvre celle que nous payons à la banque alimentaire qui est de 6.80€ par part et le reste, soit 1.2€, couvre un peu de gazole, l’assurance.

A.T.S. : Est-ce que les personnes inscrites sont au courant de ces dépenses et savent-elles à quoi sert la cotisation qu’elles versent à l’association ? Une information est toujours utile et se serait bien de répondre aux questions de ces personnes : Quel est votre budget ? Quel est le budget consacré à l’aide alimentaire ? Quel est l’apport financier des bénéficiaires des colis ? Quelles sont les charges ?

La Croix Rouge : Si on récupère 5000€ des cotisations versées, on en dépense environ 30000€ pour les achats divers. On collecte aussi en effet dans les grandes surfaces les invendus qui sont distribués le jour même. Cette collecte a un coût en gazole. Il faut trouver des bénévoles. Il n’y a pas d’autres moyens pour donner un colis correct aux personnes. Malheureusement, il existe de plus en plus de sociétés qui se créent pour revendre les invendus des grandes surfaces à des prix défiant toute concurrence. A part ces collectes toutes les denrées proviennent de la banque alimentaire qui elle-même dépend de l’aide alimentaire européenne. En ce moment il n’y a plus de beurre, de yaourts et de lait. Notre association a dû faire l’achat de 300l de lait. Beaucoup de produits provenant de la banque alimentaire sont périmés mais ils restent consommables. Certaines personnes n’en veulent pas par peur d’être malade alors on leur explique.

La congrégation : La différence entre la DLUO et la DLC est affichée dans les associations. Mais il existe 2 catégories de personnes : ceux qui prennent la marchandise et ceux qui n’en veulent pas.

A.T.S. : C’est bien de l’afficher mais une personne qui ne sait pas lire, comment fait-elle pour comprendre ? Elle n’ose pas le dire aux bénévoles.

La congrégation : En fait, on explique oralement aux personnes.

A.T.S. : Ce serait bien de remettre un document hygiène alimentaire (DLUO et DLC) dans le journal et sur le site. Mais c’est que c’est compliqué pour certains d’avouer qu’ils ne savent pas lire.

NDLR : D’autres questions ont été abordées au cours de cet atelier de travail social. Nous reviendrons donc sur ce sujet dans nos prochains numéros

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