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L’atelier de travail social à la rencontre de membres de Saint Vincent de Paul

Les membres de l’atelier ont continué leur travail sur le thème de l’aide alimentaire en discutant avec deux membres de l’association Saint Vincent de Paul. Après une présentation de chacune des personnes présentes, le dialogue s’est engagé.

L’A.T.S. : Comment fonctionne la distribution de l’aide alimentaire dans votre association ?

Saint Vincent de Paul : L’association est divisée en 4 conférences (4 équipes) : Malo, Rosendaël, Saint Eloi (Dunkerque centre) et Saint Martin (basse ville/Coudekerque-Branche). Cette répartition vient du fait qu’il s’agit d’un mouvement catholique qui était rattaché au départ à des paroisses. Un conseil local réunit les 4 conférences tous les 2 mois. L’action de l’association n’est pas a priori de faire de l’aide alimentaire, mais d’essayer d’aller vers les autres pour les aider en fonction de leurs besoins.

Chaque conférence travaille en collaboration avec les assistantes sociales de l’UTPAS (par exemple les conférences de Malo et Rosendaël dépendent du service social de Dunkerque Est/Hondschoote) mais aussi avec d’autres institutions. Par exemple lorsqu’une assistante sociale rencontre une famille en difficulté, celle-ci nous interpelle par le biais d’une demande de dépannage alimentaire ou d’un suivi régulier.

Mais, de votre côté, pourquoi participez-vous à cet atelier ?

L’A.T.S.. : Cela nous intéresse parce qu’on découvre les actions des associations. Mais comment intervient l’aide alimentaire dans l’action de votre association ?

S.V.P. : Il faut d’abord savoir que chacune des équipes n’a pas le même nombre de bénévoles et donc ne suit pas le même nombre de familles. A Saint Eloi, ils sont une dizaine de bénévoles qui suivent 23 familles, à Saint Martin, une dizaine qui suivent 40 familles, à Rosendaël, 20 bénévoles pour un suivi de 40 familles et à Malo, une trentaine de bénévoles pour un suivi de 43 familles. Si les familles suivies par chaque équipe habitent le plus souvent leur secteur géographique, il arrive que lorsqu’une famille, que l’on suit, déménage, nous continuons à lui rendre visite.

Contrairement à d’autres associations qui accueillent dans leurs locaux les personnesqu’elles aident, notre habitude est d’aller vers les personnes en difficulté. C’est à l’occasion de ces rencontres que nous apportons notre aide alimentaire. Une exception cependant, l’équipe de Rosendaël. La Maison de quartier a mis à leur disposition une salle pour que les familles viennent chercher leur colis. Il y a là un moment de convivialité (café par exemple) et d’échanges. Pour les personnes ne pouvant pas se déplacer, les bénévoles apportent le colis à domicile.

A.T.S. : D’où proviennent les produits que vous distribuez ?

S.V.P. : Pour l’essentiel, ils proviennent de la Banque alimentaire où nous allons très régulièrement nous approvisionner. Mais nous disposons aussi d’autres aides. Trois magasins donnent leurs produits avec une date de péremption limite. Ceux-ci sont redistribués immédiatement dans les familles les plus en difficulté. Un autre magasin nous donne tous les jours du pain et des viennoiseries. Le fait de distribuer ces surplus, nous permet de voir les familles toutes les semaines et de pouvoir discuter et détecter les différents problèmes rencontrés (ménagers, vêtements, papiers…).

En effet, parmi les bénévoles, certains soutiennent les familles dans leurs démarches. Trois bénévoles de la conférence de Malo font du soutien scolaire deux fois par semaine. Deux autres bénévoles vont rendre visite à des personnes âgées souffrant de solitude mais n’ayant pas obligatoirement besoin d’aide alimentaire. Les visites dans les familles ont lieu une fois par mois, sauf pour Malo où les bénévoles rencontrent les familles plus souvent.

Concernant les dépannages alimentaires, ceux-ci se font en fonction des denrées alimentaires et des moyens humains disponibles.

A.T.S. : Qu’est-ce qui vous a poussées à faire ce bénévolat. ? Est-ce une conviction religieuse ou laïque ?

S.V.P. : Beaucoup de bénévoles de notre association sont investis dans la religion et ont une conviction religieuse. Mais tous ne sont pas pratiquants par exemple. Les bénévoles sont surtout des retraités disposant d’un peu de temps et voulant aider les personnes.

A.T.S. : Du côté des bénéficiaires, comment se passe votre intervention ?

S.V.P. : J’accompagne depuis un an environ une famille musulmane. Je fais attention aux denrées que je lui donne. J’ai aussi accompagné une famille roms. Au début les personnes ne parlaient pas français. Mais, maintenant, ça va. Les personnes que nous aidons ont vraiment de grosses difficultés.

A.T.S. : En Italie dont je suis originaire, les familles sont suivies par des bénévoles d’associations ayant la même religion qu’elles. Ces familles sont orientées dans des associations par rapport à leur nationalité, à leur langue…

Lorsqu’une assistante sociale vous appelle pour un dépannage. Que faites-vous ?

S.V.P. : Les bénévoles vont chez les personnes et étudient leur situation.

A.T.S. : Demandez-vous une participation financière aux familles que vous aidez ?

S.V.P. : Dans les autres associations, une cotisation est demandée pour les personnes inscrites à l’aide alimentaire régulière et certaines associations demandent de payer les colis de dépannages. A Saint Vincent de Paul, pour l’instant, aucune cotisation n’est demandée. Mais les conférences se posent la question. L’aide que nous apportons a un coût. Nous faisons appel à des donateurs. Nous avons aussi une subvention de la mairie (450€).

A.T.S. : Quels types de familles suivez-vous ?

S.V.P. : Nous suivons quelques personnes âgées, beaucoup de familles nombreuses, des familles monoparentales. Il est vrai que par rapport à l’indice (650), certaines personnes ne pourraient pas bénéficier de l’aide alimentaire, mais nous regardons leurs charges. Nous envoyons tous les ans les statistiques au conseil départemental.

A.T.S. : Prenez-vous les dettes en compte ? car les Restos du cœur ne les prennent pas

S.V.P. : La majorité des familles n’en ont pas mais lorsque cela arrive, nous en tenons compte.

A.T.S. : Avez-vous remarqué une augmentation des demandes de dépannages ? Est-ce que ces dépannages se sont transformés en suivi ?

S.V.P. : Les dépannages sont plus importants. Car il nous arrive de dépanner des familles sur quelques mois. C’est classique de passer du dépannage au suivi. Des familles sont suivies depuis plusieurs années comme dans toutes les associations. Certaines ont la volonté pour s’en sortir, d’autres non.

A.T.S. : Il faut avoir la volonté. Certaines restent des assistés.

S.V.P. : C’est intéressant de voir l’évolution des besoins dans les familles. On a une croissance du nombre de famille. C’est intéressant aussi de savoir si cette aide se retranscrit d’un dépannage en suivi ou vice versa. Suivant l’évolution celle-ci peut être positive c’est-à-dire lorsqu’il y a l’arrêt d’un suivi, il est important d’en connaître le motif.

Il arrive aussi que des familles soient suivies et qu’elles bénéficient en plus d’un dépannage. Pour les familles qui ne sont pas suivies, le dépannage est adapté en fonction des besoins réels de la famille.

A.T.S. : Est-ce que vous vous apercevez de l’augmentation de la misère par l’accueil de nouvelles familles ?

S.V.P. : Les nouvelles familles ne sont pas plus dans la précarité que les autres.

A.T.S. : Vous posez-vous des questions par rapport à la politique des associations et à son rapport avec la politique sociale publique ? Menez-vous des débats sur ces thèmes avec vos équipes ?

S.V.P. : Les 4 conférences se rencontrent régulièrement. Nous sommes en relation avec le Carrefour des solidarités et d’autres associations.

A.T.S. : Ne pensez-vous pas que toutes les associations font le travail à la place des politiques ? N’y a-il pas un déni de l’Etat ? Il faudrait que les associations s’arrêtent pendant 15 jours et là les gens réagiraient.

On ne peut pas laisser les personnes crever de faim. Pourquoi ne pas mettre les politiques au RSA ? Tu verrais leur réaction. Une question : combien coûte une personne au RSA mais surtout combien ça rapporte ?

Dans votre association, existe-t-il un contrat de bénévolat et à quoi les bénévoles s’engagent-ils ? Des bénévoles sont-ils bénéficiaires ?

S.V.P. : Certains bénévoles ont des difficultés et ont droit à un colis. Lorsque nous avons besoin de personnes pour nous aider, nous leur demandons. Il n’y a pas de contrat de bénévolat. Tout le monde est content.

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