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L’aide alimentaire associative d’urgence ou les dépannages 2010

Voici ce qu’ont pu observer en la matière, quatre associations, membres du Carrefour des solidarités, qui ont décidé de mettre en commun leurs observations.

L’une des tâches des associations caritatives et humanitaires est de répondre à tout instant et dans l’urgence aux demandes de nos concitoyens les plus démunis. Ceux qui se présentent sont dans une situation extrême : rien à manger dans les jours qui viennent, aucune ressource pour s’acheter le minimum de vêtements nécessaires, etc. Quatre associations, membres du Carrefour des solidarités, se sont mises d’accord avec les partenaires institutionnels ou associatifs pour établir une fiche de suivi de ces demandes qu’elles appellent entre elles demandes de dépannage pour les différencier de l’aide régulière qu’elles apportent tout au long de l’année à d’autres personnes. C’est grâce à elles que nous pouvons connaître un peu mieux ces situations. Voici les résultats de leur activité en 2010.

1 - Combien ont été demandeurs de dépannage ?

2 033 ménages sont venus frapper à la porte des associations pendant l’année 2010.

Les dépannages réalisés ont concernés 5 615 personnes, dont 2 752 enfants.

Dans 59 % des cas, il s’est agi d’un adulte seul, dont la moitié avait des enfants à charge, ce qui, en langage technique, s’appelle famille monoparentale.

2 - Quelles sont les associations qui ont répondu à ces demandes de dépannage ?

Dans 64,9 % des cas, c’est la Croix Rouge française qui a répondu, soit par la remise d’un colis alimentaire, soit par l’accès à son vestiaire. Pour cette seule association, l’augmentation des réponses a été de 72 %. D’autres associations ont aussi assuré ce service : Emmaüs pour 22,8 % des cas, la Congrégation de l’Armée du salut (4,8 %) et la société de Saint Vincent de Paul (7,5 %) ont assuré le reste.

3 - Par qui sont-ils envoyés ?

Toutes les personnes qui font une demande de dépannage sont envoyées par une autre organisation qui assure, normalement, leur suivi social. Dans 55,8 % des cas, les personnes ont été envoyées vers l’association par une assistante sociale des services du département (U.T.P.A.S.). Dans 33,8 % des cas, il s’est agi d’une autre association qui n’était pas outillée pour répondre dans l’urgence à la demande formulée. Dans 9,3 % des cas, c’est un C.C.A.S. qui a orienté ces personnes vers une association.

4 - De quelles communes sont-ils originaires ?

Compte tenu de l’implantation des associations, dans 49 % des cas, ils ont été originaires de la commune de Dunkerque (35,3 % de Dunkerque-centre), 12,8 % de la commune de Saint Pol sur mer, 10,3 % de la commune de Grande Synthe et 13,7 % de la commune de Coudekerque Branche.

5 – Les réponses associatives sont-elles à la mesure des besoins exprimés par les demandeurs ?

Evidemment non. Les associations ont jusqu’à maintenant privilégié leur réponse à l’aide alimentaire régulière tout au long de l’année. L’aide d’urgence n’est donc, le plus souvent pour elles, qu’un complément. Le plus souvent, ce qu’elles donnent dans l’urgence représente en quantité et en contenu moins que ce qu’elles réservent chaque mois pour les ménages inscrits.

C’est dire que, malgré leurs efforts, elles reconnaissent en général, que leur apport n’est pas suffisant pour des ménages qui se retrouvent sans rien pour manger dans les jours qui suivent. Elles estiment en effet que cet apport peut permettre aux personnes de faire face à un maximum de deux jours d’alimentation.

6 - Ces dépannages ont-ils un coût pour les associations ?

Oui, comme pour toute aide alimentaire apportée. On a pu, dans le courant de l’année 2010, avoir une approche statistique qui permet de donner quelques indications. L’ensemble de l’aide alimentaire associative (hors Restos du cœur) a pu être estimées à une valeur annuelle de 1 200 000 €. 14 % l’a été dans le cadre des dépannages alimentaires d’urgence, soit une valeur de 165 000 €.

7 – Pourquoi les personnes ont-elles besoin d’être dépannées ?

Dans 45 % des cas, c’est le temps de l’administration qui est en cause.

Les personnes concernées sont sans ressources immédiates pour manger parce que l’administration doit, par nécessité ou, parfois, par manque d’organisation, prendre le temps nécessaire à l’instruction de leur demande d’aide.

- dans 10,8 % des cas, c’est la Caisse d’allocations familiales qui est concernée, 16,5 % l’année précédente,
- dans 20,9 % des cas, ce sont les services du Conseil Général qui sont concernés, 23,4 % l’année précédente,
- dans 10,9 % des cas, ce sont les ASSEDIC, ou le Pôle emploi comme ils s’appellent aujourd’hui, 20,2 % l’année précédente, dans 3,3 % des cas, il s’agit de la C.P.A.M. 3,7 % l’année précédente. Au total, c’est de l’ordre de 2 500 personnes qui ont dû avoir recours dans ce cas à l’aide associative.

Dans 26,9 % des cas, les personnes concernées viennent de vivre une rupture imprévue dans leur vie.

Nous savons tous que lorsqu’on a un budget serré, tout imprévu, maladie, perte d’emploi, rupture conjugale, déménagement, etc. vous déstabilise au point de ne plus avoir les ressources nécessaires pour faire face à la vie quotidienne. La solidarité associative trouve là, momentanément, tout son sens.

Dans 26,6 % des cas, les personnes concernées connaissent une situation d’endettement trop important , sans que soit nécessairement enclenchée la procédure de surendettement des ménages.

L’année précédente, elles étaient 19,9 % à être dans ce cas. C’est dire que ces personnes tentent toutes les solutions qui semblent être à leur portée pour faire face à leur situation. Ce n’est que lorsqu’elles estiment avoir tout tenté qu’elles se retournent vers les services publics et, à travers eux, les associations pour trouver de l’aide.

Quels dispositifs de prévention devraient-on mettre en place pour éviter de telles situations ?

N.B. On pourra lire sur notre site une version plus développée de cette présentation

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