L’Unité associative en question


A l’origine, associations d’associations ayant le même point de vue, le Carrefour des Solidarités arrive à sa vingtième année d’existence, et, même si certains constats sont les mêmes qu’il y a vingt ans, il a permis des avancées notoires en terme de coordination sur le territoire de Dunkerque, que ce soit au niveau de l’aide alimentaire, de l’aide d’urgence, la question des migrants de passage et bien d’autres.

Certains diront qu’associations et centres communaux d’action sociale agissent encore de façon trop dispersée. Mais c’est concrètement, petit pas par petit pas que les réponses peuvent être apportées afin qu’elles soient efficaces.
En cette période difficile d’un point de vue financier pour les structures, il est encore plus compliqué d’apporter ces réponses coordonnées. Les associations pallient aux manquements de l’Etat en terme d’aide aux personnes les plus en difficulté et, paradoxalement, elles voient leurs subventions diminuer, voire disparaître.
Pour celles qui pratiquent l’aide alimentaire, elles ont, pour certaines d’entre elles, fait des efforts réels de coordination au point d’imaginer des solutions communes de distribution de leur aide. Mais œuvrant principalement avec des bénévoles, il leur est demandé désormais une professionnalisation à outrance :
le respect de normes sanitaires drastiques, d’enregistrement de données, de gestion de stocks et également l’obligation de se doter de matériel « agréé » et cher. Ceci sans aide financière d’Etat au titre de l’aide alimentaire. Certes, la distribution de denrées doit être encadrée mais ces règles épuisent les associations et rien n’est fait pour leur faciliter la tâche.
Evidemment, les conséquences sont encore plus lourdes pour celles qui ont des salariés. Comment expliquer à leurs salariés qu’ils aident les plus pauvres et qu’ils sont susceptibles eux-mêmes de basculer dans la précarité avec les baisses de budget ?
Comment concilier leurs valeurs avec leur gestion des ressources humaines ?
Parce qu’elles sont entrées dans une politique de survie, la notion de concurrence est, certes, latente mais cependant palpable entre associations et entre C.C.A.S. et associations qui entrent dans une même logique de financement.
Bien entendu, cette notion n’est pas nouvelle mais elle est largement entretenue par les financements publics. Le fonctionnement par appels à projet, par conventions d’objectifs impliquent de plus en plus la nécessité de résultats mesurables et probants.
Au moment où le développement social et l’accompagnement vers l’autonomie sont au cœur du travail social, les associations ont une obligation de résultats « positifs » dans des temps record.
Chacun sait pourtant qu’un accompagnement, pour qu’il soit réussi, peut prendre beaucoup de temps. C’est sans doute pour cette raison que beaucoup d’associations sont contraintes de se tourner vers les personnes dont les chances d’insertion aussi bien sociale que professionnelle sont les plus simples et rapides.
Mais comment sont prises en charge les personnes les plus en difficultés ? Toutes ces difficultés et ces questionnements remettent en question l’unité et la coordination entre associations.
Chacune d’entre elles essaie de survivre au même titre que les personnes qu’elles accompagnent. S’agit-il d’une volonté générale de réduire le nombre des associations ?
On pourrait parfois le croire. Mais n’est-ce pas faire fi des sources très diverses du bénévolat et de la solidarité ?
S’agit-il d’une répartition différente du travail social entre initiatives publiques, y compris locales, et initiatives associatives, et donc privées ?
C’est maintenant qu’il est important de réfléchir ensemble et de parler d’une même voix.
Ces enjeux-là ne sont sans doute pas uniquement locaux, même s’ils y sont ressentis durement.
Tout juste peut-on commencer à les poser à l’échelle régionale comme vestibule d’interpellations nationales.
Mais c’est bien dans la proximité locale que la solidarité se construit, se manifeste et vient en aide à ceux et celles qui en ont besoin.

Le comité de rédaction

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