L’UBERISATION DE L’ACTION BENEVOLE


L’appel direct, par l’intermédiaire des nouvelles technologies, à la mobilisation du bénévolat pour remplir telle ou telle mission est en train de bouleverser les pratiques associatives. Cette efficacité est-elle cependant sans risque ?

L’uberisation (ou ubérisation), nous indique l’article correspondant de Wikipédia, du nom de l’entreprise Uber, est un phénomène récent dans le domaine de l’économie. Il consiste à utiliser des services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi-instantanée, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. Dans le champ de l’économie, la mutualisation de la gestion administrative et des infrastructures lourdes permet notamment de réduire le coût de revient de ce type de service ainsi que les poids des formalités pour les usagers. Les moyens technologiques permettant l’« uberisation » sont la généralisation du haut débit, de l’internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation. L’uberisation s’inscrit de manière plus large dans le cadre de l’économie collaborative.

Les transpositions dans le domaine du bénévolat associatif sont évidentes. On identifie les besoins en bénévole par rapport à une situation donnée. On lance sur les réseaux sociaux un appel à bénévolat. On s’organise, dans n’importe quel point du globe, pour recevoir les offres de disponibilité bénévoles et les orienter concrètement sur les terrains des « théâtres d’opération » où on a délégué un ou deux quasi permanents. Il suffit de quelques bons communicants et d’un ou deux bons organisateurs.

On peut même se targuer d’avoir su mobiliser plusieurs milliers de bénévoles en quelques semaines, ce qui est vrai et très valorisant auprès de ceux qui en bénéficient.

Evidemment, les organisations associatives classiques en restent comme deux ronds de flanc. Elles n’ont réussi à mobiliser que quelques centaines de bénévoles locaux depuis une dizaine d’année. Elles ont beaucoup de mal à s’organiser et risquent à tout moment de ne pas s’entendre sur les priorités comme sur les façons de faire.

Incompatibilité d’humeur ? Non-respect de la diversité des formes associatives ? Incapacité d’organisation ?
Tentons de parler vrai et ce n’est pas facile quand on est dans la tourmente des catastrophes humanitaires.
D’un côté la rapidité de mobilisation dans l’urgence, de l’autre la durée dans le temps du travail social. D’un côté la nécessité de devenir des vrais professionnels du social, de l’autre celle de la souplesse d’adaptation. Dans tous les cas, le temps nécessairement long de l’analyse des besoins et des réponses à apporter, de la prise de parole collective, bref de la vie démocratique.

Jean-Marie

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