Accueil du site  menu Le Carrefour des Solidarités  menu Notre histoire  menu Il était une fois le Carrefour des solidarités  menu Il était une fois le Carrefour des solidarités - 4° épisode

 
Il était une fois le Carrefour des solidarités - 4° épisode

Nous partîmes quinze … Nous sommes aujourd’hui trente quatre ! Les statuts de l’association ont dû évoluer pour s’adapter à l’intérêt grandissant qu’a suscité le réseau.

Le pragmatisme des débuts

Le Carrefour des solidarités s’est constitué en 1996 à la suite de l’aventure commune du Collectif Littoral solidarité, rappelions-nous dans le premier épisode de notre histoire (cf les différents journaux depuis le début de cette année). Quinze associations formaient ce collectif. Quinze associations se sont retrouvées pour constituer la nouvelle association.

Dès l’origine, c’est le pragmatisme et la nécessité de regrouper les véritables acteurs associatifs du travail auprès des plus pauvres qui ont prévalu. Mais le passage à une réalité associative qui nécessitait des règles communes garantissant une réelle vie démocratique posait d’autres problèmes. Comment réunir dans les mêmes statuts des entités aussi diverses que des entreprises sociales avec plus d’une centaine de salariés, des associations uniquement composées de bénévoles, voire des antennes, sans personnalité juridique identifiée, d’associations départementales ou nationales ?

La première solution adoptée dans les premiers statuts du Carrefour des solidarités a été de distinguer des associations membres de l’association et des groupements de personnes passant avec elle des conventions. Les termes des conventions ressemblaient d’ailleurs de très près aux obligations que les membres pouvaient avoir.

Evidemment ces règles n’empêchaient aucunement le travail quotidien de se faire. Les premières coordinations d’action se sont mises en place autour des questions de l’aide alimentaire, de l’accueil des personnes sans domicile fixe, etc. Les premières formations communes sont organisées sur des questions comme « comment communiquer et avec qui ? » ou encore « comment partager le vécu du bénévole ? ». Des questions plus générales commençaient à se poser comme en témoigne l’intervention faite par Bernard Guilbert, président de l’association, au Contrat d’agglomération.

L’institution des collèges

A l’expérience cependant, d’autres questions de fonctionnement interne se sont posées. Comment permettre aux antennes locales sans personnalité juridique de mouvements nationaux de peser sur les décisions communes puisqu’elles ne siégeaient pas au conseil d’administration ? Comment faire en sorte que la voix des associations de bénévoles ne soit pas entièrement couverte par celle des associations ayant de la surface et des moyens ?

C’est pour permettre de répondre à ces problèmes qu’un premier changement des statuts est intervenu au tout début des années 2000. Il introduisait deux changements de fond.

Le premier changement concernait la qualité de membres de l’association. A côté des associations, il permettait à des personnes physiques ou morales d’être reconnues comme membres potentiels pourvu qu’ils fassent partie à une échelle autre que l’agglomération dunkerquoise d’un mouvement ou d’une association régulièrement constitués et dont l’objet était en cohérence avec celui des statuts du Carrefour des solidarités.

Le deuxième changement a été l’introduction de collèges différents. Chaque collège ayant le même nombre de représentants au conseil d’administration, cette disposition permettait que la variété des situations associatives, richesse essentielle du réseau, soit présente dans ses organes dirigeants. Quatre collège ont ainsi été introduits : celui des associations ayant plus de 10 salariés, celui des associations ayant de 1 à 10 salariés, celui de celles qui n’ont pas de salarié. Enfin, un quatrième collège rassemble les personnes qualifiées, choisies par le conseil d’administration pour leurs compétences ou leurs expériences spécifiques.

L’arrivée des C.C.A.S.

C’est l’année dernière qu’un nouveau changement est intervenu. Estimant utile à l’objet principal du réseau, l’adaptation permanente des bonnes méthodes pour coller au plus près des besoins des personnes qui vivent la pauvreté, que se retrouvent autour d’une même table de travail non seulement les associations mais aussi les institutions, les membres du Carrefour ont créé un cinquième collège : celui des C.C.A.S.

Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact réel de cette décision. Mais si l’expérience continue à démontrer l’intérêt de la formule, ce collège pourrait s’ouvrir à l’avenir à d’autres institutions comme celles du département ou de la Caisse d’allocations familiales, par exemple.

Des évolutions encore à envisager

Chacun sent bien qu’autour de la table manquent encore des partenaires essentiels : les personnes qui vivent la pauvreté. L’intérêt de créer un sixième collège où elles seraient représentées a déjà fait l’objet de réflexions. Mais comment le réseau pourrait-il suivre cette évolution si chacun de ses membres n’entre pas d’abord dans cette dynamique ?

Déclaration faite en 1998 par Bernard Guilbert, dans le cadre du Contrat d’Agglomération, Pour un comité de pilotage de l’urgence sociale

Le Carrefour des solidarités est un collectif d’associations humanitaires et caritatives. Elles se sont regroupées autour d’un projet : le pacte ALERTE de mars 1995, qui donne un sens et les invite notamment

- à tenir leur rôle d’aide et d’accompagnement pour que les personnes démunies et menacées par l’exclusion exercent leurs droits et leur citoyenneté,
- à ne pas se substituer à la nécessaire solidarité de la nation et rester un acteur de l’Etat de droit
- à se rencontrer et à échanger leurs expériences
- à diffuser leurs constats et leurs informations.

C’est ce que nous avons amorcé for-tement autour de l’aide alimentaire depuis 1996 : sortir de l’assistanat, donc s’informer, se former, pour connaître les droits des familles, noter ce qu’on constate dans un observatoire, pour diffuser ces constats. Deux ans après, que peut-on dire ?

Les associations se sont organisées pour être davantage à l’écoute. Le travail en commun apporte un « plus » certain. Il ressert les liens et gomme les différences. Il donne une dimension. Il rend palpable les complémentarités inter-associatives et les consolide.

L’observatoire met en évidence des phénomènes qu’on ne mesurait pas et qu’on ne percevait pas. On mesure davantage la complexité des réponses et donc la nécessité d’élargir les partenariats vers l’extérieur. Les associations n’ont pas vocation à faire à la place des institutions dans les domaines qui sont de leur responsabilité et de leur compétence. Mais les acteurs de ces associations veulent exercer leurs responsabilités citoyennes et ne pas être considérés comme des distributeurs de kilos de sucre.

L’observatoire, que nous dit-il ? Sur le territoire de la C.U.D., c’est l’équivalent de la population de Bourbourg (8 000 habitants) qui sollicite des aides alimentai- res. 73 % d’entre eux sont demandeurs d’emploi. Parmi les non-allocataires du RMI, 15 % devraient en bénéficier et n’ont pas fait la démarche. Les Rmistes ne représentent que 40 % des demandeurs. Qu’en est-il pour les autres ? Ils ont les mêmes problèmes, mais pas les mêmes droits. Ils ne peuvent être aidés par des contrats d’insertion. Nous avons diffusé l’intégralité des données de cet observatoire. Mais nous n’avons quasiment pas eu d’écho à la suite de cette diffusion. Les services publics apportent des réponses dans beaucoup de domaines, mais on ne les connait pas. Nous en avons rencontrés certains. Les attentes réciproques sont réelles et fortes. Mais il faut du temps et des rencontres pour gommer les zones d’ombre, se centrer sur ce qui est essentiel et rendre transparent le contenu des termes de l’échange dans des conventions qui engagent l’institution et conduisent bien au-delà de ce que peut apporter la simple bonne volonté de quelques personnes travaillant dans ces institutions. Mais la multiplicité des domaines d’intervention, des appartenances et des découpages territoriaux conduit à beaucoup de diversité. Les associations n’ont pas, elles, de limite territoriale. Il leur est difficile d’appréhender cette multiplicité et de la prendre en compte. Il faudrait un peu plus d’unité dans la diversité.

Dans le prolongement des Assises de la solidarité et de la loi d’orientation contre les exclusions, nous pensons qu’un comité de pilotage d’agglomération devrait être :

- un lieu où se construit cette unité dans le respect des diversités par l’animation du réseau des acteurs,
- un lieu garant des cohérences : quand on apporte une réponse dans un domaine, il ne faut pas créer une exclusion dans un autre domaine,
- un lieu qui regroupe et analyse les observations faites par les différents acteurs,
- un lieu de propositions et d’interpellations suscitées par l’analyse des observations,
- un lieu de médiatisation des ressources et des actions existantes.

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com