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Il était une fois le Carrefour des solidarités - 3° épisode
A l’origine, réseau informel, le Carrefour des solidarités s’est structuré, depuis dix ans, en association d’associations et d’institutions. La souplesse et l’interactivité de ses débuts ne risquent-elles pas d’être progressivement étouffées par une structure associative de plus en plus présente ?

L’histoire du Carrefour des solidarités n’a pas commencé le jour où il s’est constitué en association. C’est en effet le collectif Littoral solidarité qui est sa véritable origine (cf les épisodes précédents). Les témoins et les acteurs de cette période indiquent avec clarté quelles étaient leurs principales préoccupations : les problèmes rencontrés par les gens pauvres ou dans la difficulté, les solutions pratiques à court et à moyen terme qui pouvaient être mis en œuvre collectivement, l’interpellation des pouvoirs publics et de l’opinion. Il leur importait peu alors que telle ou telle structure soit associative ou institutionnelle, que tel ou tel participant soit fonctionnaire, salarié, bénévole ou élu. C’est ainsi, par exemple, que la carrefour médico-social (CARMESO) fut un lieu de concertation permanente entre associations, institutions et professionnels de la santé et du travail social.

Formule neuve, à l’époque. N’oublions pas qu’il s’agissait des années 80 du siècle dernier. Elle fut le précurseur des coordinations et autres réseaux qui fleurirent au cours des années 90 et qui n’ont jamais cessées depuis de se développer. Au point qu’on peut se demander parfois si l’association est une formule qui a encore beaucoup d’avenir tant elle peut paraître rigide et formaliste à certains.

Le collectif littoral solidarité, pour sa part, est passé sous le mode associatif il y a dix ans en devenant le Carrefour des solidarités. Se faisant, a-t-il pour autant perdu de ce qui faisait son originalité et sa souplesse ?

Le Carrefour des solidarités s’est toujours interdit d’être une fédération de ses membres. Cela veut dire concrètement qu’au contraire d’une fédération, aucune décision prise collectivement ne s’impose à l’un de ses membres si celui-ci n’en est pas d’accord. La seule restriction à ce principe concerne le fonctionnement de l’association commune elle-même. Mais c’est dire qu’il fonctionne sous le règne de la construction de l’unanimité.

Ses préoccupations sont toujours les mêmes : les problèmes des gens dans la misère, les solutions collectives possibles qui s’expriment aujourd’hui sous la forme de coordinations ou de collectifs, l’interpellation publique. Un objectif a été ajouté cependant. Développer des services communs à destination de ses membres : observation, documentation, communication. Mais, dans le même esprit, ces services sont largement ouverts à ceux et celles qui voudraient en profiter.

La forme associative l’a-t-il amené à se fermer ? Si la procédure d’adhésion peut paraître complexe, rencontre préalable et décision du conseil d’administration, la seule contrainte qu’elle impose de fait, c’est d’avoir une activité qui serve essentiellement ou principalement les personnes et les familles dans le besoin. Son ouverture en 2006 aux C.C.A.S. est la preuve concrète de cette ouverture.

Son fonctionnement demeure-t-il souple et ouvert ? Il n’y a pas d’activités du Carrefour, sauf en ce qui concerne son fonctionnement interne, qui ne soient pas ouvertes : formations, services communs ou collectifs, coordinations, ou même manifestations.

La forme associative en revanche lui a permis de se doter de moyens d’action stables : locaux, personnels, moyens matériels, etc. Elle lui a permis aussi d’accéder à des sources de financement public. Enfin, elle a facilité la reconnaissance par les pouvoirs publics et les autres membres organisés de la société civile de l’existence et du travail de ce réseau.

Car, en fin de compte, le Carrefour des solidarités est plus proche d’un réseau que d’une association à proprement parler. Il lui appartient de veiller, dans toutes ses décisions à garder ce caractère irremplaçable.

Pour en savoir plus :

Nouvelle gouvernance

Ces modes d’organisation sont au service d’une cohérence entre la forme et le fond de l’action. Faits de structures formelles et d’espaces informels, ils engendrent beaucoup de complexité. La dimension d’intérêt commun guide une manière de gouverner qui n’est pas faite de pouvoirs individuels mais d’un partage de responsabilités transversales. La collégialité dans les modes de décision demande de la souplesse et de la confiance. C’est un maillage dans lequel ni le monde associatif, ni le monde économique n’est exclu.

Réseaux

Maillage de structures diverses, le réseau est une structure transversale qui implique une confiance et un partage des tâches. Sa souplesse permet aux membres qui sont autonomes d’être libres d’entrer et de sortir. Le réseau apporte une dimension d’ouverture, de partage. Donne accès à l’information. Les personnes ou les structures se reconnaissent d’un réseau. Il est souvent impalpable car chacune des organisations fait partie du tout mais n’explique pas le tout.

Extraits de la revue Territoires, décembre 2006, n° 473, p. 10 (Ce numéro est consacré à approcher la question : les associations sont-elles suffisamment écoutées ?)

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