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Il était une fois le Carrefour des solidarités - 1° épisode
1996-2006, le Carrefour des solidarités a 10 ans. Le Conseil d’administration du Carrefour a jugé qu’un tel anniversaire ne devait pas faire l’objet d’une manifestation particulière. Le travail contre la pauvreté demande qu’on y consacre toute son énergie. Notre histoire commune a cependant besoin d’être inscrite dans la mémoire afin d’être transmise à ceux qui en reprennent le flambeau. C’est pourquoi nous avons entrepris de retracer ce début d’aventure et de recueillir les témoignages de ceux et celles qui l’ont construite.

L’acte de naissance officiel du Carrefour des solidarités date de 1996. Mais lorsque les associations se retrouvent le 21 novembre 1995 dans les locaux de l’A.A.E. pour faire les dernières mises au point des futurs statuts du Carrefour, cela va faire près de dix ans qu’elles se rencontrent régulièrement et qu’elles travaillent ensemble dans le cadre souple du Collectif Alerte. Ce mardi là, il s’agit d’ailleurs d’une réunion du Collectif. Ce sont ces dix années d’expérience qui vont déterminer en réalité cette naissance. Ne rien en dire serait s’interdire d’en comprendre les raisons.

Sommaire

- Le collectif littoral solidarité
- La naissance du Carrefour des solidarités
- Pour en savoir plus :
- Les membres du collectif littoral solidarité
- CARMESO
- L’accueil d’urgence en continu

Le collectif littoral solidarité

Depuis 1986 en effet, une quinzaine d’associations humanitaires et caritatives de la région dunkerquoise se retrouvent régulièrement dans le cadre du collectif littoral solidarité.

La solidarité a beau être l’engagement commun de chacun, tout le reste les sépare, apparemment : leurs origines confessionnelles ou laïques, les philosophies d’intervention, les origines sociales de leur projet ou des personnes qui ont constitué leur association, leur plus ou moins grande ancienneté dans l’action sociale, le rattachement à un réseau national ou au contraire leur origine locale, les éventuelles concurrences que font naître la dépendance de beaucoup par rapport à l’aide financière publique. Malgré cela et parce que ce qui les réunit c’est leur proximité avec les gens pauvres, elles s’informent réciproquement de leurs activités. Elles échangent leurs expériences, exposent leurs problèmes et mettent en évidence les besoins les plus criants des exclus et des démunis.

Cela n’est pas toujours facile. Parler de ses projets ou de ses recherches, c’est s’exposer à les voir repris par d’autres sous des formes différentes. Comme la naissance des idées neuves est un phénomène assez mystérieux où l’air du temps a souvent à voir, on ne retirera pas de l’esprit de telle ou telle que certaines ont repris à leur compte le projet qu’on travaillait depuis quelque temps.

Le collectif solidarité littoral a cependant à son actif non seulement des échanges, mais aussi des réalisations communes. Il a été à l’origine de la mise en place du CARMESO, carrefour médico-social. Celui-ci est né d’un double constat. Les familles marginalisées en situation de grande pauvreté et d’exclusion craignaient la rencontre avec les institutions et, bien souvent, ne connaissaient pas leurs droits. Il fallait aussi maintenir le lien avec le médecin de famille, permettre à tous de rester dans le droit commun et refuser les formules qui marginalisaient et stigmatisaient les familles. La réponse imaginée par le collectif a été la création d’un lieu d’accueil au cœur de la Caisse primaire d’assurance maladie et d’un binôme composé d’un technicien conseil de la Caisse primaire et d’un travailleur social issu des associations, financé par l’Etat. Le refus de l’Etat de continuer à assurer ce financement et la mise en place de la Couverture Médicale Universelle mettront fin à cette expérience. Elle reste encore dans les mémoires associatives comme un exemple d’action efficace et pertinente.

Le Collectif a aussi à son actif le maintien de l’accueil de nuit des personnes sans domicile fixe.

La naissance du Carrefour des solidarités

C’est tout naturellement que les associations qui ont constitué le collectif littoral solidarité se retrouvent au début des années 90 dans la démarche nationale ALERTE et en constitue localement le noyau organisateur de la réflexion et des manifestations.

C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elles annoncent fin 1995, leur intention de créer une nouvelle association.

« Fin 1994, face à l’augmentation de la pauvreté et de l’exclusion et dans le cadre de la démarche nationale ALERTE, une nécessité souvent ressentie est apparue de façon beaucoup plus impérieuse :

- Aller plus loin dans la connaissance réciproque, l’échange, la concertation, l’analyse des situations des plus démunis et des causes de l’exclusion.
- Aller plus loin dans la place qu’il faut rendre aux exclus pour leur redonner leur dignité et leur citoyenneté.
- Aller plus loin dans l’efficacité collective, pour être à la fois ALERTE et la force de proposition.

C’est pourquoi les associations humanitaires et caritatives ont voulu la création du « Carrefour des solidarités ».

Elles souhaitent ainsi se positionner comme interlocuteur dans le cadre du Contrat d’agglomération du dunkerquois, auprès des instances compétentes : Communauté Urbaine, Conseil Général, Conseil Régional, Etat.

Le Carrefour des solidarités est ouvert à toute association humanitaire et caritative et à toute personne privée qui, par adhésion ou par convention, désire être partenaire de cette démarche et souscrit aux dispositions des documents fondateurs ci-joints :

-  les statuts
-  la convention de partenariat
-  la charte de solidarité de l’agglomération dunkerquoise
-  l’engagement des associations : extrait du pacte « Alerte » du 13 mars 1995. »

Tous les éléments constitutifs de la nouvelle association sont ici rassemblés. Il nous faudra y revenir pour les analyser plus en détail et retracer la suite de l’histoire. Il nous faudra aussi les confronter à la mémoire des acteurs. Ils sont tous encore vivants sauf Bernard Guilbert, disparu à la fin des années 90 qui fut l’âme de cette création et qui fut aussi le premier président de la nouvelle association. Nous dédions à sa mémoire la reconstitution de cette tranche de vie collective au service des plus démunis.

Pour en savoir plus :

Les membres du collectif littoral solidarité

L’A.A.E. L’A.F.A.D. L’A.S.S.F.A.M. ATD Quart Monde L’A.J.S. La Croix Rouge Emmaüs Le Phare Louise Michel Le P.A.C.T. Les Restos du cœur Saint Vincent de Paul Le Secours Catholique Le Secours Populaire S.O.S. solidarité, Loon Plage

CARMESO

Initiative conjointe du collectif solidarité littoral, des médecins, des pharmaciens, du Centre hospitalier de Dunkerque et de la Caisse primaire d’assurance maladie.

Lieu d’accueil dans les locaux de la Caisse primaire et mise en place d’un binôme : un technicien conseil de la Caisse primaire, un travailleur social issu du monde associatif, financé par l’Etat.

Le travailleur social avait une double mission :

- tenir des permanences au sein des associations où il allait à la rencontre des familles pour, avec les bénévoles, inciter les familles à refaire les démarches abandonnées depuis longtemps et faire le point de leur situation afin de les orienter dans les différentes structures susceptibles de résoudre leurs problèmes.

- accueillir à la Caisse primaire les personnes déjà rencontrées dans les associations. Il y était en mesure d’apporter des réponses transversales aux problèmes posés concernant les droits et les aides dans tous les domaines de la vie quotidienne (allocation de chômage, aide au logement, prestations familiales, aide sociale, R.M.I., etc.). Il facilitait la reprise de contact avec les différentes institutions que ne voulaient plus rencontrer les personnes elles-mêmes.

Les résultats de l’expérience du CARMESO ont été manifestes.

- accueil, écoute, orientation, information du public, réponses transversales aux questions posées,
- ouverture des droits, aide médicale gratuite permettant aux personnes de garder le lien avec les médecins de famille, accès aux soins tels que les associations le revendiquaient alors dans le projet de loi de cohésion sociale discuté au milieu des années 90,
- travail dans les associations, rencontre des personnes en difficulté, des bénévoles, remise en confiance des personnes par rapport aux institutions,
- mise en place de la carte santé.

Au milieu des années 90, malgré les protestations des associations réunies dans le collectif littoral solidarité, l’Etat a supprimé le financement du travailleur social. De ce fait, l’expérience du CARMESO a cessé.

Depuis lors, le flambeau a été repris en partie par le Centre de Promotion de la santé qui déploie toute une panoplie d’informations. Mais surtout, la mise en place de la Couverture Médicale Universelle a permis de réelles avancées pour la santé des plus pauvres.

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de problèmes : refus de certains médecins de soigner les personnes couvertes par la C.M.U., accès de plus en plus difficile aux spécialistes pour les personnes pauvres, etc. Le Carrefour des solidarités a malheureusement encore du pain sur la planche.

L’accueil d’urgence en continu

Au début des années 80, c’est le plan pauvreté – précarité lancé par le gouvernement Bérégovoy qui lance les premières dispositions, ancêtres du plan grand froid d’aujourd’hui et plus généralement du dispositif d’ensemble de l’hébergement d’urgence (C.H.R.S., etc.).

Ce sont les associations qui se sont retrouvées dans le collectif Littoral solidarité qui se sont bagarrées pour inventer des solutions, les mettre en place et rechercher la continuité des financements qui n’était pas alors assurée.

Ce qui, aujourd’hui, apparaît comme une évidence, ne l’était pas encore. A l’époque, ni F.L.I.U., ni accueil de jour, ni Estaminet du coeur pour accueillir les personnes de la rue quasiment en permanence, pas de C.A.O. pour orienter les personnes et pour s’assurer que toutes les capacités d’accueil sont bien utilisées.

Conférences publiques, manifestations, délégations à la Sous Préfecture, passages de relais entre associations ont été le travail ordinaire du collectif.

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