FIN DE L’A.J.S. : ET APRES ?


L’A.J.S. a dû arrêter ses activités. Que deviennent alors les familles qui participaient à sa vie quotidienne et, plus particulièrement, les 309 familles qui bénéficiaient régulièrement d’une aide alimentaire ?

Ces familles attendaient une solution de continuité de la distribution alimentaire. De ce point de vue, les promesses que leur avait faites Christian HOGARD, Vice-Président du Secours Populaire Français, devant la Présidente de l’AJS, les représentants de la CUD et des Municipalités, puis reprises par la presse locale étaient, à leurs yeux, sans équivoque. Elles avaient indiqué qu’elles n’étaient pas capables financièrement de payer chaque mois les 13,50 euros qu’allait leur réclamer le Secours Populaire. Elles avaient aussi indiqué que les Allocations diverses auxquelles elles avaient droit ne leur étaient pas versées le premier de chaque mois, mais plusieurs jours après. Celles-ci arrivent de fait vers le 6 ou 7 de chaque mois.
En réalité, sur les 309 familles, seules une petite centaine d’entre elles se sont présentées début avril.
Elles ont dû verser le montant du chéquier qui leur permettait d’accéder aux produits alimentaires. Et, au premier mai, elles n’étaient toujours pas informées de la date de la prochaine distribution.
Que sont devenues les familles qui ne se sont pas présentées début avril ?
L’un de nos vieux sages se rappelle qu’on ne doit pas faire de promesse à des personnes en situation de détresse. Il s’est même rappelé le proverbe Chinois qui affirme : Cent « non » font moins de mal qu’un « oui » jamais tenu.
Pour rappel, voici les caractéristiques générales des familles accueillies, ces dernières années dans le cadre de l’aide alimentaire de l’A.J.S. Même si les familles viennent de 15 communes de la CUD, elles sont principalement originaires du Grand Dunkerque (Dunkerque, Saint Pol sur Mer et Fort Mardyck) et de Grande-Synthe. Environ 30% des familles de l’AJS se sont présentées à la première distribution du Secours Populaire en avril, ce qui fait relativement peu et inévitablement se pose la question du besoin réel de ces familles en aide alimentaire.
L’observation de ces dernières années montre que les personnes accueillies au sein de l’AJS pour une aide alimentaire sont dans la même moyenne que les cinq autres associations membres du Carrefour des Solidarités. En effet, l’indice moyen des familles accueillies par l’AJS est de 560.60 par unité de consommation et la moyenne globale est de 567.85.
Il est important de signaler que plus de 33% des familles accueillies par l’AJS sont largement en dessous de la moyenne et 33% se situent dans la moyenne. Contrairement aux idées reçues les familles de l’AJS ont besoin de cette aide alimentaire.
Ce qui amène à se demander pourquoi les familles ne se sont pas présentées au Secours Populaire en avril. Aussi, nous avons pu recueillir quelques témoignages de personnes qui étaient suivies par l’AJS pour comprendre. Certaines sont venues nous rencontrer pour avoir un colis de dépannage et d’autres nous ont appelés pour avoir des renseignements sur les inscriptions alimentaires.
Ce qui nous a amené à distinguer deux raisons différentes à leurs réticences.
La première est avant tout financière. Les personnes ont déclaré ne pas pouvoir assumer les frais du chéquier pour bénéficier de l’aide (le chéquier est à 13.50€ et si la composition familiale dépasse quatre personnes, les familles doivent s’acquitter d’un second chéquier, ce qui représente 27€). « Je ne peux pas acheter de chéquier, à l’AJS c’était beaucoup moins cher, on pouvait payer en plusieurs fois, et, en plus, le 1er avril je n’ai pas encore été payée et ne peux donc pas payer le Secours Populaire. », s’est confiée M.
La seconde est plus de l’ordre du lien social. Les familles de l’AJS pouvaient participer à des ateliers dont les objectifs étaient de recréer du lien social, faire sortir les personnes de leur difficultés quotidiennes et de les rassurer que leur capacité à agir. Les familles se voyaient dans le lieu de vie qu’était l’AJS, avaient tissé des liens entre elles et se soutenaient mutuellement : « Nous ne voyons plus personne et il n’y a plus d’endroits comme celui-là pour nous. » ont déclaré Z et V.
Les bénéficiaires de l’AJS souffrent de sa disparition et se retrouvent, pour la plupart, dans une situation encore plus précaire.

Le comité de rédaction

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com