Poèmes
Nous réunissons, mois après mois, les écrits proposés par nos amis de la rue ou d’ailleurs. Beaucoup sont issus de "Poèmes de la nuit" fruit de l’atelier d’écriture de La moquette à Paris, édité en 2000 par les éditions Cana. D’autres poèmes nous ont été proposés pour notre journal.

Sommaire

- JE SAIS… JE NE SAIS PAS
- Amour lumière, désamour solitude,
- Elle était si belle
- Combien faudra t il ?
- Mes copains
- La vie
- Jeunes
- « Accueillez avec douceur la parole plantée en vous. »

JE SAIS… JE NE SAIS PAS

Je sais qu’un jour je vais mourir,
Je ne sais pas quand.
Je sais qu’alors je comprendrai
Ce que je suis venue faire ici.

Je sais que je serai seule
A la porte de l’inconnu,
Mais je ne sais pas
Si quelqu’un me tiendra la main.
Je voudrais bien.

Je sais que j’aurai peur,
Je ne sais pas de quoi.
Je sais que j’aurai mal,
Je ne sais pas pourquoi.

Je sais que de ma vie, à ce moment,
Ne restera que l’essentiel.
Je ne sais pas quel poids elle pèsera,
Je sais que mes amours survivront au néant,
Je ne sais pas combien de temps.
Et je ne sais pas
Si quelqu’un m’attendra
De l’autre côté.
Je voudrais bien !

Martine

(Extrait des poèmes de la nuit)

Amour lumière, désamour solitude,

J’oscille de l’un vers l’autre tel
le balancier d’une horloge, sans
pouvoir m’arrêter, sinon de vivre.
Lorsque je vois le vide, je suis le vide,
la solitude. J’ai mal et j’ai peur.
Lorsque je me sens bien, je suis la joie
et la présence. J’ai une autre vision du monde.
La solitude triste,
c’est lorsque mon regard
ne voit que le vide.
La solitude sereine,
c’est lorsque je me rappelle
qu’au-delà des apparences
il est une présence
que j’oublie parfois.

Béatrice

extrait de « Poèmes de la nuit », Edition Cana, Paris 2000 fabriqué à l’atelier d’écriture de « la moquette », à Paris en introduction à la journée du refus de la misère.

Elle était si belle

Dans ce monde irréel
Je l’ai vu entrer
Tout de suite je l’ai aimé
Je l’ai serré contre moi
Mon coeur était en émoi
J’étais le roi et elle ma reine
Ma vie a changé
Car je sais que je peux aimer
Avec un grand "A"
La vie vaut le coup d’être vécue
Quand on aime on oublie tout

Christian
le 20 octobre 2006

Combien faudra t il ?

Combien de morts de la rue faudra t il enterrer ?
Combien d’aides alimentaires faudra t il distribuer ?
Combien de bénéficiaires de minima sociaux faudra t il comptabiliser ?
Combien d’expulsions, de coupures d’eau et d’électricité faudra t il constater ?
Combien de nuitées d’hôtel pour abriter les sans-logis faudra t il financer ?
Combien de logements insalubres faudra t il recenser ?
Combien de témoignages et de doléances faudra t il recueillir ?
Combien de dossiers de surendettement faudra t il enregistrer ?
Combien de salariés, de retraités pauvres faudra t il dénombrer ?
Combien de destins de jeunes faudra t il sacrifier ?

Pour que se mettent en place des solutions durables, stables et adaptées qui redonnent confiance, espoir et dignité aux exclus de la société.
Pour qu’une remise en cause et une autocritique de cette société amènent à de vrais débats et à de réels changements.

Parce la France est un pays riche ?
Parce qu’il suffit de le vouloir et de changer de politique ?

anonyme

Mes copains

Je les comprenais très bien
On s’est connu sur les chemins
On aimait la route
C’était notre bien
On le connaissait bien
En mal et en bien
C’était toujours le même refrain
On avait chacun sa passion
C’était notre gagne pain
Jusqu’au lendemain
On était tous solidaires
Comme des frères
Même dans le chagrin
On assumait le coup
Jusqu’au bout
On le conduisait jusqu’à sa dernière demeure
C’était difficile
Mais on l’acceptait
Et la vie reprenait son cours

Christian Demette 4 décembre 2006

La vie

Elle va comme elle vient
Toujours le même refrain
Le chagrin nous appartient
Il faut se ressaisir
C’est tout un empire
Comme dirait Shakespeare
Il faut se ressaisir
La vie est belle
Quand on sait la prendre
Sans se méprendre
Il ne faut pas attendre
Elle peut être tendre
Si on a le cafard
Elle n’est jamais en retard
Ce n’est pas un rempart
La vie c’est comme une rose
Elle se fane et perd ses pétales
Quand la vie s’en va
On la suivra dans l’au delà
C’est comme ça la vie.

Poème de Christian
juin 2007

Ces portes qui se ferment quand on n’a plus de toit,
Ce clochard qui peine et va mourir de froid
Les traites qui s’amoncellent dont on ferait un feu de bois
Un enfant qui sanglote, doux et dur à la fois

L’indifférence

L’indifférence devant la souffrance
Je voudrais voir un monde sans la compétition
Car le plus bel or du monde c’est l’amour du prochain

Claude

Jeunes

Au secours, la bête est toujours là
Laissez les beaux parleurs, les donneurs de leçon
Et qui vous affectionne sans vous donner le ton
Levez-vous, hâtez-vous
Ecoutez, parlez, dialoguez
L’avenir du monde est entre vos bras
Tous les trésors du monde sont aussi dans vos doigts

Claude

« Accueillez avec douceur la parole plantée en vous. »

Une promesse veillerait-elle en nous,
comme une racine chargée de nous ouvrir vers l’avant ?

Tout n’aurait pas été dit, puisqu’une voix s’entre-dit,
soufflant qu’il y a lieu d’être malgré le malheur,
malgré l’horreur.

Prendre soin des innombrables paroles,
celles qui hésitent au bord du cœur,
paroles tremblantes,
celles qui exultent sous la haute joie,
paroles vibrantes.

Serait-ce là une prière par laquelle on communie à la vie
au travers même de ce qui la déchire ?

Francine CARILLO : Vers l’Inépuisable (Labor et Fides)

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