En vacances avec LUGOVA

A la veille des vacances scolaires il nous a semblé important de mettre en avant une association qui aide au départ en vacances des familles en situation précaire. C’est pourquoi, le 24 juin dernier j’ai rencontré Thérèse Mazouni, présidente de l’association LUGOVA.

Lorsque je suis arrivée dans les locaux de LUGOVA à Grande-Synthe, c’était l’effervescence… Plusieurs femmes étaient en pleine discussion, entraient et sortaient dans ce lieu qu’elles s’étaient appropriées et où elles se sentaient chez elles. Leur principal sujet de conversation : les vacances, l’envie et la crainte de cet ailleurs qui les sortirait de leur routine faite de galères en tout genre.

La Présidente, Thérèse Mazouni, femme investie depuis des années dans cette structure dont elle est le pilier, m’explique que la démarche existe depuis environ 25 ans et que le départ en vacances se fait en différentes phases. En effet, une famille peut bénéficier d’un accompagnement de trois ans dans une logique d’autonomisation progressive.

Le partenariat très important avec la ville de Grande-Synthe permet à trois ou quatre familles dans le cadre d’un protocole d’échange avec la Pologne de partir pendant dix jours dans la ville de Suwalki avec une prise en charge partielle et une interprète sur place. Ce sont, pour la plupart, les primo-arrivants dans l’association qui en bénéficient une fois dans leur parcours.

Ensuite les personnes entrent dans le dispositif VACAF. Il est important de souligner que les personnes participent au financement de leurs vacances basé sur le reste à vivre et entrent dans une logique de gestion de budget. Lorsque les familles font l’effort de payer leur voyage tout au long de l’année, chaque mois, l’association les gratifie d’une réduction.

La préparation aux vacances s’accompagne de nombreux ateliers pédagogiques, notamment des ateliers culinaires où elles travaillent le budget alimentaire et la nutrition mais aussi des ateliers parentaux avec de l’art thérapie afin de créer du lien familial et social.

Pour finir, la troisième année, les familles entrent dans la démarche BSV (Bourse Solidarité Vacances) où elles sont dans une démarche beaucoup plus autonome.

Thérèse Mazouni précise néanmoins que les vacances sont surtout un outil pour recréer du lien dans la famille mais aussi du lien social. Les familles, même si elles sont peu nombreuses à partir en vacances en sortant de LUGOVA, s’investissent beaucoup plus sur le territoire de Grande-Synthe, elles vont au Palais du Littoral voir des spectacles ou participent davantage aux manifestations comme le Noël de la Solidarité.

Pendant le temps des vacances les familles se sentent « comme tout le monde », elles sortent, rencontrent d’autres personnes qui n’ont pas de regard discriminant. C’est un véritable moment de répit qu’elles ont envie de retrouver d’année en année. Une motivation qui les incite davantage à s’en sortir. Le RSA n’est plus une fatalité pour elles. Des mamans, car ce sont souvent des familles monoparentales, ont repris des formations ou sont devenues éducatrices.

« Ce sont les enfants qui motivent la famille », insiste Thérèse Mazouni, des enfants, qui, à la rentrée, peuvent dire avec fierté : « Moi aussi je suis parti en vacances !!! »

Sandra

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