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Edito : En faisons-nous trop pour les migrants, les personnes de la rue, les… ?

Au nom de l’opinion publique, le Carrefour des solidarités est questionné, voire contesté, parce qu’il mettrait trop en avant les migrants, les personnes de la rue, l’aide alimentaire, etc. Ne faut-il pas tordre le cou à ce discours insidieux qui sent le brunissage des extrêmes ?

Dans les conversations avec les associations et les C.C.A.S., au sein même de notre conseil d’administration, des voix se font entendre pour questionner voire contester le Carrefour des solidarités dans son parti pris pour les personnes migrantes de passage sur notre littoral, pour les personnes de la rue, voire pour l’aide alimentaire.

De tels discours s’appuient sur deux craintes. La première est qu’à force de ne parler que des gens qui vivent les situations de pauvreté les plus extrêmes, on donne à penser qu’on en soit venu à oublier les autres pauvres, « les pauvres normaux ! » La deuxième est qu’on en oublie de soutenir et de valoriser le travail formidable que les associations et les C.C.A.S. font en matière d’insertion sociale et professionnelle. Par ce travail, elles soutiennent les personnes pour qu’elles retrouvent enfin une situation d’autonomie et de dignité dans notre société.

Au fait, c’est quoi un pauvre « normal » ? Un pauvre bien de chez nous et qui ne semble pas se complaire dans sa pauvreté ? Bien évidemment on n’oserait pas dire tout haut de telles bêtises, même si certains hommes et femmes politiques n’hésitent plus à les proférer à tel point que cela ne choque plus de les entendre. C’est quoi la lutte contre la pauvreté ? Soutenir les personnes qui ne sont plus trop éloignées d’un retour à l’autonomie et à la dignité dont nous parlions à l’instant ? Des personnes proches de l’emploi, comme le soutient le discours officiel ?

Ce qui est anormal, c’est la pauvreté. C’est la perte de la dignité et de l’autonomie pour des raisons sociales. Ce qui est anormal, c’est que certains et certaines se retrouvent au bord du gouffre, voire dans le gouffre, et ne dépendent plus, pour leur survie, que de la solidarité.

Les pauvres ne se divisent pas. Tous sont à considérer. Chacun doit pouvoir trouver, grâce à notre solidarité, l’aide adéquate à sa situation. S’il y a un choix d’urgence à mettre en œuvre, c’est de venir en aide à ceux et celles qui sont les plus proches de la perte de leur vie et qui en meurent : les personnes de la rue, les personnes migrantes de passage, les personnes qui ont besoin de l’aide alimentaire, ceux qui se retrouvent le soir sans solution de logement, tous ceux qui se retrouvent le soir sans solution de logement, etc. C’est ce choix là que fait tous les jours l’équipe d’animation du Carrefour des solidarités. Et ce choix-là n’exclut concrètement en rien les autres.

Aurait-on oublié que les dictatures commencent toujours par laisser mourir, voire exécuter, les fous, les handicapés, les marginaux, etc. ? Pour en venir ensuite à d’autres pauvretés ?

Le réseau associatif et de partenaires publics locaux que nous formons ne fait qu’honorer les fondements de notre république.

Le comité de rédactjon

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