Accueil du site  menu Citoyens pauvres  menu Prendre la parole : Forum, ateliers et rendez-vous citoyens  menu Forum citoyen du littoral nord  menu Ecouter (seulement) des citoyens ou des personnes qui souffrent (...)

 
Ecouter (seulement) des citoyens ou des personnes qui souffrent ?

La première séance du forum citoyen a fait ressortir l’une des principales interrogations des usagers des services publics : l’écoute. Cela a amené à réagir, hors séance, Pierre Mulliez et, à sa suite, Thérèse Caulier, administrateurs du Carrefour des solidarité. Voici leur échange.

Depuis plusieurs années le Carrefour organise avec des associations des « rendez-vous citoyens », des lieux où les personnes qui ont manifesté auprès de ces associations le besoin d’être aidées disent leurs difficultés, leurs souffrances, mais aussi leur espérance et leurs joies, où elles font des propositions pour améliorer leur situation.

C’est à partir de ces échanges, pour les valoriser, les rendre utiles qu’ont été imaginées, réalisées les « Assises de la solidarité locale ».

Cette année, pour aller plus loin, avec l’Uriopss, les membres du Carrefour : associations, notamment l’AAE, des CCAS, … développent les « forums citoyens ». La perspective est de faire rencontrer toutes les personnes qui vivent ces situations de souffrance. Pas seulement celles qui en souffrent mais tous ceux qui interviennent dans ces situations, afin de trouver ensemble des solutions qui répondent aux besoins exprimés en prenant en compte les contraintes de chacun : une construction collective de solution !

Mais dans ces rencontres, rendez-vous, forum, qui rencontrons nous ? Simplement des citoyens ? Derrière ce terme, « citoyen », n’y a-t-il pas essentiellement tout ce qui concerne l’organisation de la société avec ses règlements, ses droits, ses obligations, avec l’objectif d’organiser ensemble une vie collective au service de chacun ?

Mais ceux que nous accueillons, que nous écoutons, nous font comprendre qu’ils ne sont pas que des citoyens cherchant à bénéficier de leurs droits, voire même désireux de participer à leur amélioration. Nous rencontrons des personnes qui ne se réduisent pas à un problème particulier de nourriture, de vêtement, d’hébergement d’urgence, de logement, de ressources … Ce sont des personnes qui ont une vie privée, une famille, des enfants peut-être, des désirs, des convictions, des projets, des lassitudes… Quand nous les accueillons à propos d’un problème précis, c’est souvent de tout ce qui fait leur vie qu’elles ont envie de parler.

N’y a-t-il pas là une articulation à trouver, entre ceux - souvent des professionnels salariés - dont la mission première est de veiller à la juste application des droits et obligations de chacun dans une situation déterminé, et d’autres - salariés ou bénévoles -qui auraient le temps, la disponibilité pour faire un peu de « hors piste » par rapport à ces réponses officielles, structurées, pour simplement écouter, aider celui qui parle à trouver, souvent en lui-même, son chemin ?

Pierre

Je suis dans la même disposition en ce qui concerne l’écoute de la personne. Mais je ne suis pas persuadée qu’il doive y avoir des personnes qui écoutent et d’autres qui fassent en sorte que les demandes soient satisfaites. Il n’y a pas d’articulations à trouver entre l’acquisition des droits et l’écoute.

Que l’on soit professionnel ou bénévole, l’un ne va pas sans l’autre. Chacun doit avoir à coeur l’ECOUTE de la personne pour l’accompagner. La demande certes est importante et doit être satisfaite du mieux possible. Mais souvent, elle est prétexte à autre chose : l’expression d’un mal vivre, des difficultés.

Si nous ne recherchions qu’à satisfaire la demande précise, que l’on soit salariée ou bénévole, nous ne serions qu’un guichet. Ce n’est pas cela qui établirait la relation indispensable à une bonne écoute. Je pense que ce n’est pas toujours une question dedisponibilité du salarié ou du bénévole. C’est dans cet esprit que j’avais décrit l’accueil au moment de l’inscription à l’aide alimentaire. (cf journal n° 88, de juillet 2008, p. 9 : Aide alimentaire, les bonnes pratiques de l’inscription).

Thérèse

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com