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Conversation avec Véronique

En marge des « rendez-vous citoyens » d’octobre 2007, quelques entretiens ont été réalisé par Elizabeth dont celui de Véronique. Merci à elles deux.

- Vous avez répondu à une jeune fille qui disait : il ne faut pas juger. Elle répondait à une bénévole qui était déçue que les familles qu’elle suit ne soient pas venues témoigner…

- Je suis entièrement d’accord avec elle qu’il ne faille pas juger. Personne. Mais moi, ce que je dis et que je dirai toujours, c’est qu’on sait frapper à la porte d’une association pour demander des aides, d’une association ou plusieurs, ça dépend, on sait aller vers eux et qu’eux, ils nous demandent simplement une chose, toute simple, de venir témoigner pour les soutenir…et tout le monde répond absent. Non, c’est pas logique. On doit être là. Si on sait aller vers une association, demander quelque chose, on doit savoir donner le peu qu’on demande en retour. C’est-à-dire être présent. Témoigner si on veut témoigner, ne pas témoigner si on veut pas témoigner mais au moins être là pour les soutenir. Parce que eux savent nous soutenir tout au long d’une année, ou de deux ans ou plusieurs. Comme moi, ça fait des années que l’association me soutient. Donc j’estime tout à fait normal d’être là pour les soutenir et pour dire aux gens ce qu’ils font, le bien qu’ils font aux gens. Je trouve que c’est normal…

- A côté de cela, il y a une autre dame qui a dit : on est bien content que les associations soient là. Mais on est bien content d’en être partis. Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose de difficile dans ce rapport aux associations ?

- C’est pas facile d’aller taper à la porte, je vous le dis. C’est pas facile du tout d’aller taper à la porte. Vous vous sentez tout petit. Vous vous sentez rabaissé : j’en suis arrivé là. Je dois aller mendier. Parce qu’on a l’impression de mendier au début. Mais si les gens de l’association, comme les gens de partout puisque j’ai fait plusieurs associations dans ma vie…si les gens n’étaient pas là pour vous dire : Non, c’est pas de la mendicité, s’ils n’étaient pas là pour nous réconforter, nous aider, je ne sais pas où on serait. Donc, moi, j’estime que c’est tout à fait normal de leur consacrer une heure, deux heures voire trois heures de notre temps pour les remercier au minimum.

- Mais on ne remercie pas une administration. Pour quoi on remercierait une association ?

- Moi, on m’a toujours appris à dire merci, que ce soit dans une administration ou ailleurs. Regardez l’été, grâce à l’association, les enfants, ils ont leur petit billet pour faire leurs activités. Sans ça, on en est au même point ; C’est un petit plus. Et il ne faudrait pas dire merci ? Non, c’est pas normal. Je pense que les gens estiment que c’est normal que les associations sont là pour les aider. Non ! C’est pas une obligation. Et de dire merci, ça ne coûte rien.

- Est-ce qu’on vous dit souvent merci ?

- A moi, non. Mais ça n’a pas d’importance. Ca n’a pas d’importance. Mais moi, j’estime normal de dire merci à ceux qui m’aident.

- Pourquoi ça n’a pas d’importance ?

- Parce que moi, je le fais…c’est naturel. Moi, vous venez taper à ma porte. J’ai pas grand-chose : je vais partager avec vous. Pour moi, c’est normal. C’est tout. Si vous saviez ce que j’ai fait…j’ai aidé des gens au-dessus de chez moi. Les enfants, ils mourraient de faim. Ils sont partis. Ils ont même jamais eu un regard. Jamais un merci mais bon ! C’est tout, je l’ai fait. J’ai mon cœur tranquille. Je sais ce que je j’ai fais pour ces enfants, c’était tout. Mais si moi, on m’aide, je trouve que c’est normal de dire merci. Si on est aidé, c’est normal de dire merci.

— Mais vous dîtes que ça ne coûte rien : ça coûte pour certains. Il y en a qui n’aiment pas exposer les difficultés. Ca coûte pour eux…

- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je fais partie de ces gens-là. Je suis quelqu’un…je vais toujours écouter les problèmes des autres mais mes problèmes…je ne vais pas les dire. Ils sont à moi. Je ne vais pas les dire. J’en ai un wagon en ce moment, mais ils sont à moi. Et si j’ai une personne qui vient, qui a un problème, je vais écouter, je vais essayer de le faire. Mais c’est tout. Il faut essayer malgré tout d’aider les autres. Je ne sais pas comment je peux expliquer ça. Je ne sais pas. C’est normal ! Dîtes-moi que les gens que vous aidez : ils viennent vous soutenir, ça ne vous ferait pas plaisir ? Ca ne vous ferait pas plaisir ? Ca fait quelque chose au fond de son cœur. C’est ça, c’est là que ça se passe, c’est tout.

- Bon, ben merci !

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