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Conversation avec… Carole, la rêveuse, pour ses enfants (suite)
Carole, le mois dernier, nous a raconté son voyage merveilleux. Elle nous a dit aussi combien l’aide de Tabgha avait été précieuse pour elle dans le montage de son projet. Mais elle ne cessait pas, dans notre conversation de dire que c’était très différent de l’aide qu’elle avait reçue jusqu’à maintenant des associations caritatives. Du coup, nous l’avons interrogée un peu longuement sur ces différences.

« Je travaille depuis quelques années maintenant. Ca va mieux, même si c’est toujours très juste. Dès qu’on travaille, même un peu, on n’a plus droit à bon nombre de choses qui permettent de survivre quand on est vraiment pauvre et je l’ai été : l’aide à l’énergie disparaît, le loyer augmente, plus d’accès aux aides des associations ou du C.C.A.S., etc. Au bout du compte, je me demande souvent si ça vaut le coup d’avoir un travail. Bien sûr, on est mieux dans sa peau. On rencontre d’autres personnes. Mais quand on fait les comptes, on n’est pas forcément gagnant.

Ma fille, c’est vrai, elle en avait marre. On est « social ». Ca vous marque et les gens n’ont pas le même rapport avec vous. Parce qu’on est « social », on dirait que pour eux, on est des délinquants. Attention ! Sans les associations, souvent on n’aurait pas pu s’en sortir. Et souvent, ce qu’elles font, c’est bien. Mais les gens ne s’en rendent pas compte. Avec 11 € par jour pour toutes les trois, (elle et ses deux filles), on nous a dit, parfois, que nous n’avions pas droit à l’aide alimentaire. Ou encore, nous avons été reçu quelque part et, à la fin du séjour, on est venu devant nous faire l’inventaire de notre chambre, comme si nous étions susceptibles d’avoir volé quelque chose. Ca fait mal.

J’ai aussi fait des colis. Je sais qu’il y a des jouets qui arrivent dans les associations provenant directement de certains magasins. Et puis, quand c’est vous qui touchez le colis, vous ne retrouvez que des jouets cassés.

Le colis, le repas, c’est bien parce que c’est nécessaire. Mais le plus souvent, rien d’autre. Pas d’accueil personnalisé, pas de soutien moral, par de conversation.

A certains moments, pour mes filles, je fais un petit extra. Attention ! Mes filles connaissent le budget familial. Elles savent nos limites. Et je n’ai jamais fait de dettes. D’ailleurs, quand on est pauvre, les banques ne vous font aucun crédit et elles ne vous préviennent même pas quand on fait un petit découvert. Mais dans les associations, on vous regarde de travers. Quand on a faim, on ne peut pas se le permettre.

Avec tout ça, il s’agit de ne rien dire. Si jamais vous parlez, comme par hasard, l’assistante sociale passe quelques jours après pour voir. Et puis, on risque toujours de ne plus avoir d’aide.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai tenu à rester anonyme. »

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