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Conversation avec… Béatrice, la maman

Pantalon et veste de survêt’. Gros pull. L’hiver de la rue vient à peine de se terminer. Teint pâle. Elle écoute. Elle regarde. Queue de cheval légère. La conversation sera entrecoupée de longs silences, sans gêne. Simplement, pour établir la confiance qui permet l’échange, il faut du temps. Elle l’avait déjà pris avec Isabelle. « Montre-nous l’échographie », demande cette dernière.

Alors, le regard de Béatrice devient étincelant. Ses joues rosissent presque. Elle nous montre avec fierté et avec joie, l’image de son bonheur. Celle d’un futur petit bonhomme, le médecin le leur a dit, recroquevillé dans le ventre de sa mère. Une future beauté, certainement. Conçu avec désir partagé, dans l’amour. Cela vaut presque toute la conversation qui va suivre.

Car la rue, pour Béatrice, ça a été par accident. « Mon ‘ex’ pétait les plombs de plus en plus souvent. Il ne faisait rien sauf de se laisser aller avec ses copains. C’est moi qui travaillais. Et il n’était même pas capable de faire à manger ou de conduire mon gamin à l’école. » Car Béatrice a un premier garçon. Son vrai point d’attache. Mise dehors de chez elle par son propriétaire parce que son ‘ex’ s’était montré violent avec lui, c’est l’hôtel et une situation qui se dégrade de plus en plus. Au point que « les services sociaux m’ont enlevé mon enfant ». Ça ne s’est pas fait en un jour. Les services sociaux ont même pris soin de créer le contact entre elle et la famille d’accueil. « Mais c’est trop dur. Je pétais les plombs de plus en plus souvent. Alors, ça a été les cachets. Beaucoup de cachets. De tout. Quand tu prends ça, t’as plus ta tête. Tu mélanges tout. T’es perdu. Tu n’entends plus ce qu’on te dit ou tu réponds une autre chose, à côté. Quand j’allais voir mon fils, je ne faisais plus rien avec lui. Je piquais du nez. » Arrivée sur Dunkerque. La rue. L’entrepôt, la nuit, avec ses dangers surtout quand on n’a plus la tête à soi. « Le matin, tu ne sais plus ce qui s’est passé pendant la nuit. » Alors la peur. Et puis des rencontres qui se montreront décisives pour l’avenir. Des gens de la rue comme elle, mais qui vous écoutent et avec lesquels la confiance s’établit. Pas besoin de leur faire un dessin. Ils comprennent vite, l’accueillent dans leur camping organisé et lui apportent une certaine sécurité. Son compagnon d’aujourd’hui avec lequel elle va réussir à construire quelque chose, quelqu’un en somme. « Quand je l’ai vu, j’ai su tout de suite. Mais il a fallu du temps. »

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