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Conversation avec Angélique

En marge des rendez-vous citoyens, nous avons pu interroger l’une des personnes qui venaient de témoigner. Elle nous dit combien c’est difficile de parler de sa misère. Merci à Angélique de nous l’avoir fait comprendre avec simplicité et à Elizabeth d’avoir recueilli ces paroles.

- Pourquoi c’est difficile de parler en public ? Qu’est-ce qu’il se passe alors ?

- Les gens, quand il y a trop de monde, c’est impressionnant quand même. On est fragile. Donc, le fait de devoir expliquer la misère qu’on a, qu’on vit, on peut pas s’empêcher de pleurer, de craquer.

- Tout revient à chaque fois…

- Tout ! Et encore, on n’explique pas dès le départ : la misère du départ, comment ça arrive. Parce qu’on a en pour longtemps à expliquer.

- Comment alors vous arrivez à expliquer votre situation…

- Faut bien parler. Sinon, on n’est pas aidé. Déjà. Donc, on est bien obligé de parler, d’expliquer ce qui nous arrive et pourquoi, comment… Si on n’explique pas tout ça, on n’a pas d’aide. Et puis, rien dire… Dire : J’ai besoin d’aide… ! On va la, on va là, on va là et : répéter, répéter, répéter. A chaque fois, faut ré-expliquer, tout, toujours ? Moi, je craque.

- Et vous ne ré-expliquez pas tout…

- Ben non, on ne peut pas repartir à zéro à chaque fois. Pour expliquer avant… Comme là, j’ai expliqué à partir d’avril alors que l’association, ça fait deux ans qu’ils m’aident. Mais bon, j’ai eu d’autres situations avant, dans d’autres endroits : on n’en parle plus. C’est passé. On vit une autre situation. C’est autre chose, et encore pire. On ne parle plus du reste. Le reste, c’est passé. Ce qu’on vit là, à l’instant présent, ce qui arrive : c’est de ça qu’on doit parler.

- Qu’est-ce que ça fait de dire, presque : avant, il n’y avait rien. C’est possible ça ?

- Ben non, on y pense tout le temps. C’est tout le temps là. Mais quand on va demander des aides, on parle pas d’avant. Ils s’en foutent d’avant. C’est la situation présente qui intéresse. La situation avant, soit on a été aidé, soit on n’a pas été aidé. Mais c’est déjà passé. On ne peut plus reparler de la situation d’avant. Si on a besoin de l’aide, c’est avec ce qui se passe en ce moment, ce qu’on vit actuellement.

- Et vous pouvez parler de projet ?

- Non. Je ne peux pas du tout parler de projet. Parce que je ne sais pas où je serais dans une semaine ou dans un mois. Je reste positive, c’est clair. Je tomberai pas plus bas. Je relève la tête. J’ai des enfants, je ne peux pas baisser les bras, c’est pas possible.

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