Capitalisons !

Ne vous y trompez pas. Pas question pour nous d’aborder ici les questions financières dans lesquelles se débattent aujourd’hui plus qu’hier sans doute, un certain nombre d’associations. Nous le ferons peut-être une autre fois. Celles-ci ont d’autres richesses bien plus importantes encore : leur expérience et celles de leurs membres. Au fait, qu’en faisons-nous ?

On ne dira jamais assez les énormes richesses que détiennent les associations dans les expériences humaines qu’elles manifestent tous les jours, les savoir faire dont font preuve leurs bénévoles comme leurs salariés et les trésors d’ingéniosité que ceux-ci déploient. Cela n’a guère de valeurs marchandes. Mais beaucoup aimerait bien en posséder ne serait-ce que quelques miettes lorsqu’ils se décident à créer leur propre association ou lorsqu’ils cherchent à venir en aide à leur prochain.

L’association : premier lieu de la capitalisation

Mobilisées essentiellement sur les tâches qu’elles ont à remplir quotidiennement en vue d’accueillir les personnes dans la difficulté, en vue d’organiser une aide alimentaire répondant aux besoins, de porter secours à des personnes sans ressources, etc, les associations n’ont ni le temps, ni l’énergie, ni les moyens de mettre à la disposition d’autres que leurs propres membres, leurs savoirs et leurs savoir-faire. Certains sont ainsi étonnés de constater que, ce qui est évident pour eux, ne l’est pas pour d’autres. Ils oublient souvent que c’est grâce à l’association dans laquelle ils se trouvent, qu’ils ont appris ce qu’ils mettent en œuvre de façon si évidente pour eux. C’est donc dire que ce que nous appelons ici capitalisation est fait de façon quasi quotidienne au sein de chacune des organisations. Mais qu’en est-il en dehors d’elles ?

La capitalisation de l’expérience n’a pas d’autres objectifs en effet que de rassembler les savoirs et les savoirs faire acquis par chacun pour les mettre à la disposition de ceux et de celles qui enauraient besoin. Cette mise à disposition peut être à usage interne de son organisation, comme nous venons de le voir. Ne doit-elle pas aussi être à usage externe ? Mais pour qu’elle soit efficace, il est nécessaire de respecter un certain nombre d’étapes.

Les étapes de la capitalisation

La toute première étape est de rassembler la mémoire de ce que chacune des associations ou des organisations fait et du processus suivi pour le mettre en œuvre. N’imaginez pas qu’il s’agisse d’un processus très savant. Il suffit de prendre le temps de raconter ce qu’on fait. Mais là où ça devient un peu plus compliqué, c’est qu’il est nécessaire aussi de garder la mémoire de ce qu’on a raconté, c’est-à-dire d’en garder des traces. Celles-ci peuvent être écrites, parlées et donc enregistrées, voire mises en image. C’est d’ailleurs notre réflexe courant quand il s’agit de capitaliser la mémoire de notre propre famille : l’album de photos, commenté ensuite régulièrement devant les enfants, les petits enfants ou les amis.

L’étape suivante est de mettre à la disposition de ceux et de celles qui pourraient être intéressés cette mémoire acquise.

La dernière étape de la capitalisation est de faire fructifier toute cette mémoire acquise en construisant à partir d’elle et sans doute d’autres ingrédients de nouvelles expériences, bref en innovant.

Le réseau local et les échanges d’expérience

Si nous avons éprouvé le besoin de constituer entre nous un réseau local desassociations et organisations sociales, caritatives et humanitaires, c’est en partie pour répondre à ce besoin de capitalisation. Que fait le Carrefour des solidarités en éditant chaque mois son petit journal, en organisant des rencontres et des ateliers de travail, en tenant à jour un site sur internet sinon que de mettre en œuvre cette capitalisation ? Le temps qui manque à chacune d’entre elles pour organiser la capitalisation de son expérience et donc le mettre à la disposition d’autres qui en ont besoin, il le prend.

Ça ne sert pas à grand-chose ? Vous n’imaginez pas le nombre de connexions que connaît notre site et qui proviennent de personnes à la recherche de nos expériences. Combien de fois, l’un ou l’autre d’entre nous vous oriente vers l’un des articles de notre petit journal pour vous permettre de trouver une réponse à la question que vous vous posez ?

Le plus gros problème, c’est que la plupart d’entre nous n’utilise pas ou peu l’écrit. A la limite une banque vocale pourrait être plus facile d’accès pour beaucoup d’entre vous. On y arrivera bien un jour.

N.B. Le conseil régional du Nord-Pas de Calais qui s’intéresse à ce processus pour qu’il se développe a confié une étude à ce sujet au bureau « extra muros ». Le Carrefour des solidarités a répondu volontiers à ses sollicitations. C’est d’ailleurs l’un des axes importants pour lequel le conseil régional nous finance.

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