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COMPLEMENTARITE ENTRE LES SERVICES ET LES ASSOCIATIONS.


Les deux témoignages qui suivent n’ont pas pour objectif de faire le panégyrique du Carrefour contrairement à d’autres services qui ne feraient pas leur travail. Nous savons trop qu’accueillir des personnes qui vivent de grandes difficultés est difficile et nous sommes persuadés que chacun et chacune fait son possible pour accompagner positivement ces personnes. Simplement, aucun service ne se suffit à lui-même. Entre les services sociaux du département, les C.C.A.S. et les associations humanitaires, il y a une mise en réseau indispensable. Mais, on a beau être les plus performants du monde, il y a toujours des personnes qui passent à travers les mailles du filet. C’est l’une des vocations du Carrefour des solidarités d’être au service de ces personnes et de les aider à renouer les contacts indispensables. Chacun le reconnaît, à commencer par les services du département eux-mêmes. Mais, osons le dire, il ne suffit pas de l’affirmer dans le principe, il faut aussi le rendre financièrement possible.

TEMOIGNAGES

Lundi d’avril

Une dame arrive dans le bureau pour une demande de dépannage alimentaire. Je sens qu’elle est au bord des larmes. Je tente de la rassurer : « La situation dans laquelle elle se trouve peut arriver à n’importe qui. Il n’y a donc aucune honte à avoir. Un petit coup de pouce et cela ira mieux après… » Du coup, elle m’explique sa situation.
Elle est au bord de l’expulsion et elle doit partir d’ici la fin du mois. Ça ne va plus du tout avec son mari. Le « papa » de ses deux enfants refuse de l’aider à payer les factures… notamment le loyer, bien entendu majoré et interventions d’un huissier… Sa crainte est d’être mise dehors avec ses enfants, des ados.
Ma première réaction est bien entendu de lui demander si elle a vu une AS (assistante sociale).
Oui. Un dossier FSL (Fond social au logement) a été fait. Il couvre les 2/3 de la dette… Les 900 € restant ? Elle ne peut pas les payer. L’AS l’a-t-elle orienté vers le CCAS de sa commune, l’une ou l’autre des Associations qui peuvent aider ?
Non. La personne est arrivée au Carrefour par le bouche à oreille… Elle semble résignée. Elle baisse les bras. Elle a besoin d’être aidée.
Vu l’état d’avancement du dossier, je l’oriente à la fois vers la CLCV de St Pol et vers le CCAS de Coudekerque-Branche. Je l’oriente aussi vers une association avec une demande de dépannage alimentaire et lui dit bien de revenir si cela n’avance pas, au moins, pour un nouveau dépannage alimentaire et une aide à la recherche de logement avec un de nos membres.
Quatre jours après, un mail de la CLCV : la Dame a trouvé un arrangement avec le bailleur. Elle n’est pas expulsée et va pouvoir être orientée vers un logement plus petit et moins cher.

Mercredi de novembre

Un appel en début d’après-midi… Une dame avec un bébé de 3 mois, dehors, sans hébergement, mise à la porte par sa famille. Nous l’invitons à venir nous rencontrer…
Elle arrive. Premier appel à la CAO… La dame doit venir pour faire son dossier. Mais aucune solution ne se profile. Rien pour la rassurer. Une chose est sure, nous ne pouvons pas la laisser dehors.
Premier appel au service du département : je prends contact avec l’assistante sociale de la dame et lui explique la situation. Elle doit me rappeler.
Il est 15h30…la Dame revient de la CAO, sans solution…
Appels au réseau des membres associatifs pour trouver une solution pour le soir et une solution plus pérenne. Le bébé est un grand prématuré et il fait froid.
Plusieurs pistes …Les moussaillons (centre d’hébergement pour les jeunes femmes avec bébé), SEDIRE, Le Secours Catholique ?
Pour les Moussaillons il faut une prescription du Département et, dans la situation actuelle, elle ne pourrait pas être obtenue avant le lendemain.
Pour ce soir… le Secours Catholique paye une nuit d’hôtel… Mais il faut en trouver un qui accepte de facturer après, et non d’avance… On se met à plusieurs pour appeler et on trouve enfin après plusieurs appels.
Nouvel appel au service local du département en vue de faire la demande de prescription. Le RDV ne peut avoir lieu que le lendemain en fin d’après-midi. Impossible, c’est maintenant qu’il faut la faire pour une entrée demain en hébergement.
Il est 16h45…pas d’autres solutions, il faut aller au service local qui est à Rosendaël, très vite. Le bus ? Pas assez de temps. La voiture personnelle donc. On prévient l’A.S. qu’on arrive, en insistant sur le caractère urgent. Au bout du fil, l’AS nous dit qu’elle ne l’avait pas perçu.
Et on emmène la dame et son bébé en voiture.
17h10, arrivée au service local du département. La demande de prescription est prête, l’A.S. a fait les démarches en amont avec le Département pour l’entrée en hébergement. Reste à compléter la partie pour la bénéficiaire. 20 mn plus tard. La dame a rempli le formulaire et la réponse du PLES est arrivée. Elle pourra entrer le lendemain matin aux Moussaillons.
Le Carrefour dépose la dame dans un hôtel à Grande Synthe.
Le Carrefour rend compte au Secours Catholique et à la CAO de la conclusion.

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