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Bénéficier de la solidarité est-il un droit ?


Au cours de l’une des premières réunions de préparation de nos assises de la solidarité consacrée à l’aide alimentaire, certains ont exprimés leur malaise devant telle ou telle personne qui considérait que l’aide qu’elles venaient demander étaient un droit, comme si la solidarité supposait une autre relation. Qu’en penser ?

Ecartons tout de suite l’interprétation selon laquelle la réponse solidaire serait le don fait par une personne ou une institution supérieure qui déciderait souverainement d’attribuer à telle ou à telle personne l’aide demandée, selon son bon vouloir. Une telle attitude devait sans doute être monnaie courante du temps des rois et des seigneurs, voire du temps des femmes des grands patrons d’industrie.

Fort heureusement, nous sommes aujourd’hui en république. Comme nous le rappelions récemment, la solidarité est devenue, au fondement de la République, une « dette sacrée ». Il n’est donc pas gênant sur le fond que l’appel à la solidarité soit considéré par ceux et celles qui en éprouvent le besoin comme un droit commun.

A deux nuances près, et de taille.

Un droit, en république, est le fruit d’une discussion entre les citoyens qui, par l’intermédiaire de leurs élu(e)s le définisse. Il répond donc à des règles et accéder à ce droit, comme à tout autre, suppose qu’on obéisse aux conditions posées clairement par ces règles.
Encore faut-il que ces règles soient connues de tous et de toutes et qu’elles soient susceptibles d’être changées ou confirmées après un nouveau débat. Qui, aujourd’hui, connaît les règles d’attribution des aides d’urgence de leur Centre communal d’action social ? Quelqu’un se rappelle-t-il, dans un passé récent, d’un débat public, orchestré par sa municipalité, sur les règles d’attribution de ces aides ? Qui, aujourd’hui, connaît les règles d’attribution des aides d’urgence des associations humanitaires ? Quelqu’un se souvient-il d’un débat public portant sur le bienfondé de ces règles voire de l’assemblée générale d’une association portant sur cette question ?

Mais aussi, si la solidarité est un droit, en république, elle est toujours associée à une autre de ses règles, la fraternité. L’aide que permet la solidarité est toujours un « don » qui suppose un « contre don », soit un échange. La nature de ce contre don peut faire l’objet, à son tour, d’une règle. Mais il ne pourra jamais se résumer à celle-ci.

Ce qui peut être gênant dans l’attitude de certains de réclamer l’accès à une aide comme un droit, c’est qu’ils ou elles oublient parfois d’imaginer le retour qu’impliquera cette aide. Ce retour peut évidemment ne pas être immédiat ou n’être que symbolique. Il ne peut jamais être l’expression d’une soumission. On reviendrait alors aux temps qui ont précédé la république.

A propos de débat public, quand l’entame-t-on ?

Le comité de rédaction

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