BLA, BLA, BLA… !!


La période des vœux est un moment où nous échangeons beaucoup de paroles : « et surtout la santé, hein ! ». Celle qui mène jusqu’aux élections est aussi l’occasion de beaucoup de discours et de discussion. On a alors souvent le sentiment de se laisser embarquer on ne sait où. On a aussi celui de se faire avoir au point de vouloir faire taire celui ou celle qui s’est emparé de la parole. Y a-t-il un secret pour ne pas se laisser avoir ?

En réalité, ce que nous craignons le plus dans ces temps-ci, c’est la parole qui endort. Ce que nous recherchons le plus, c’est la parole qui permet de mieux comprendre ce que nous sommes, ce qui se passe et ce que nous devrions faire collectivement.

A l’image du système médiatique dans lequel désormais nous baignons, ne sommes-nous pas capables de nous noyer nous-mêmes dans un flot de paroles voire de sons, quasi ininterrompu ? C’est l’impression qu’on peut avoir à n’écouter que les médias. C’est l’impression que peut donner le bus à certaines heures de la journée. Vous vous trouvez au milieu de jeunes, et de moins jeunes, parlant en même temps à leurs copains et copines, et au téléphone qu’ils ou elles manient avec dextérité.

Pourtant, Il y a des paroles qui sont des gestes, pour le meilleur ou pour le pire. Certaines sont des caresses que s’échangent les amants. D’autres sont des glaives qui infligent des blessures profondes. Certaines détruisent des constructions en démontant le caractère illusoire qu’elles cachaient mal. D’autres construisent pas à pas des solutions qui demandent un accord entre les personnes. Les jeunes, dont nous parlions à l’instant, apprennent tous les jours à distinguer ce qui est de l’ordre de la rigolade, sans conséquence, de ce qui est de l’ordre du vital. Certains dépassent parfois cette limite. Ils apprennent alors vite, plus vite que leurs anciens, ce que coûte ce dépassement.

Se taire alors ? Arrêter de dépendre de son téléphone ? A certains moments, c’est sans doute nécessaire. A condition toutefois que le silence ne soit pas le lieu où prédominent les phantasmes et autres constructions imaginaires. A condition que le silence soit le moment où se prépare, humblement et patiemment, l’écoute de l’autre.

La solidarité ne se construit pas dans le bruit. Elle se construit dans l’affirmation forte et collective des convictions communes.

Jean-Marie

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