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ATD Quart Monde : Des rires et des larmes

(Note de la rédaction : Depuis la rencontre qui est racontée ci-dessous, tout en gardant le même esprit qui est celui du mouvement national, les responsables et l’organisation locales ont changé.)

Comment moi, citoyen pauvre, je peux faire confiance à des gens qui m’ont tenu dans la misère et la précarité depuis ma tendre enfance ? Peuvent-ils comprendre, ces gens, que pour moi, demain, c’est rien. Ce qui compte, c’est comment je peux survivre maintenant.

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». Tel était le langage de Joseph Wresinski, fondateur du mouvement A.T.D. Quart monde. Etre proches des familles dans la misère, c’est ce que tentent de vivre la bonne quinzaine de membres du groupe local de ce mouvement. « Pour ceux qui n’ont pas connu la misère, cela suppose que ceux qui la connaissent vous aient accordé leur confiance », nous a dit la responsable locale de l’époque, l’une des membres de ce groupe que nous avons interrogée. Il n’y a rien de plus formateur que d’apprendre directement de ces familles comment la maintenir et réciproquement d’ailleurs. « On s’engueule. On s’embrasse. On agit. On pleure ensemble parfois. On rit ensemble aussi », a-t-elle ajouté.

L’objectif principal du mouvement, c’est de faire entendre la voix des plus pauvres et ainsi de créer un courant qui interpelle les responsables politiques, économiques, religieux, culturels et institutionnels. Même si parfois leurs actions défraient la chronique, ce n’est pas leur principal objectif. « C’est de résoudre concrètement, avec les personnes concernées, les lourds problèmes que les familles rencontrent », nous précisera-t-elle. « Nous ne sommes pas des casseurs. Nous sommes des noueurs de fil », le fil de la confiance depuis longtemps interrompu avec les diverses administrations, par exemple.

L’organisation d’A.T.D. ? Difficile à comprendre pour qui n’est pas à l’intérieur. Plutôt qu’à celle d’une association avec ses règles démocratiques elle ressemble à celle d’une famille. Tous les problèmes sont abordés à plusieurs, jusqu’aux comptes-rendus de réunion qui sont systématiquement faits à deux, par un du quart monde et par un qui n’en est pas. « On rend systématiquement compte de ce que nous faisons à la délégation régionale de Lille, voire à celle, nationale, de Paris. En retour, ils nous aident de leurs expériences, de leurs savoirs et de leurs réflexions. » N’imaginez pas une quelconque personnalisation. Michel et Marcel sont les correspondants de l’université populaire, Cécile tient les permanences, Jean, Claude, Laurent et Serge s’occupent plutôt des droits fondamentaux, Françoise s’attache à faire connaître l’histoire du mouvement, etc. Reste que cette grande famille, ça risque de vous manger de l’intérieur et de ne pas vous laisser beaucoup d’espace pour vivre votre vie. En ont-ils, ceux qui sont du quart monde ? La misère est intolérable et inacceptable.

2005

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