A quand le "printemps des plus pauvres" ?

L’année qui se termine aura vu fleurir les différents « printemps arabes ». A leur image, il est bien tentant de souhaiter pour la nouvelle année 2012 que vienne chez nous un « printemps des plus pauvres » !

Nous commençons à en observer les différents ingrédients : situation de domination insupportable, prises de paroles risquées, mouvements de protestation qui s’amplifie, occupation de l’espace public et libération de la parole, mise à bas des pouvoirs en place parfois dans le sang, retour fragile de la démocratie, risques de nouveaux détournements par des forces religieuses, etc.

Rien de comparable avec la situation que connaissent les personnes les plus pauvres dans notre pays ? Serait-ce insulter aussi bien la lutte de libération d’un certain nombre de peuples arabes que celle, toute différente, des plus pauvres de notre propre pays que de comparer les choses ? Sans doute. Nous vivons en effet dans une démocratie et nous n’avons pas à manifester en risquant notre vie pour entreprendre, au printemps prochain, les élections libres de nos dirigeants. Les partis politiques qui se proposent à notre suffrage tentent et prétendent parler au nom de tous les citoyens, y compris des plus pauvres d’entre eux.

Et pourtant, le sort qui leur est réservé n’est envié par personne. Leur nombre augmente. La solidarité publique ne leur permet pas de survivre dignement. Beaucoup d’entre eux continuent à devoir faire appel à la solidarité privée, celle qui ne dépend pas de dispositions publiques et donc des responsables politiques, pour assurer leur alimentation au quotidien. Rien ou si peu ne vient diminuer la pression mensuelle pour pouvoir accéder aux biens élémentaires que sont le logement, l’eau, l’énergie et la santé !

Et pourtant, c’est presque toujours d’autres qu’eux-mêmes qui parlent en leur nom. Non qu’on leur interdise de prendre la parole. Mais, le plus souvent, parce que rien n’est organisé pour qu’ils prennent eux-mêmes la parole et que, lorsqu’on vit une situation dans laquelle on a honte, on n’a pas la force de la prendre.

Depuis bientôt 17 ans que le Carrefour des solidarités existe et depuis plus longtemps encore que les associations qui le constituent travaillent, nous ne cessons pas de souhaiter chaque année espoir et amélioration de la situation des personnes qui vivent dans la pauvreté.

Alors, n’est-il pas raisonnable que, toute proportion gardée, nous souhaitions qu’advienne enfin le « printemps des plus pauvres » ?

Le comité de rédaction

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