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2008 - Dépannages alimentaires : le bilan

Le nombre de personnes dépannées par les associations a augmenté de 18 % en 2008

L’une des tâches des associations caritatives et humanitaires est de répondre à tout instant et dans l’urgence aux demandes de nos concitoyens les plus démunis. Ceux qui se présentent sont dans une situation extrême : rien à manger dans les jours qui viennent, aucune ressource pour s’acheter le minimum de vêtements nécessaires, etc. Six associations, membres du Carrefour des solidarités, se sont mises d’accord avec les partenaires institutionnels ou associatifs pour établir une fiche de suivi de ces demandes. C’est grâce à elles que nous pouvons connaître un peu mieux ces situations. Voici les résultats de leur activité en 2008.

Combien ont été demandeurs de dépannage ?

2 232 ménages sont venus frappés à la porte des associations pendant l’année 2008. Ce chiffre représente une augmentation de 10,2 % par rapport à l’année précédente.

Les dépannages réalisés ont concernés 6 131 personnes, dont 2 996 enfants, soit une augmentation de 17,8 %.

Dans 62 % des cas, il s’est agi d’un adulte seul, dont un peu moins de la moitié avait des enfants à charge.

Quelles sont les associations qui ont répondu à ces demandes de dépannage ?

Dans 42 % des cas, c’est la Croix Rouge française qui a répondu, soit par la remise d’un colis alimentaire, soit par l’accès à son vestiaire. Pour cette seule association, l’augmentation des réponses a été de 72 %.

D’autres associations ont aussi assuré ce service :

L’A.J.S, dans 28 % des cas,
Emmaüs pour 18 % des cas,
La Congrégation de l’Armée du salut, le Phare et la société de Saint Vincent de Paul ont assuré le reste.

Par qui sont-ils envoyés ?

Toutes les personnes qui font une demande de dépannage sont envoyées par une autre organisation qui assure, normalement, leur suivi social.

Dans 51 % des cas, les personnes ont été envoyées vers l’association par une assistante sociale des services du département (U.T.P.A.S.).

Dans 37 % des cas, il s’est agi d’une autre association qui n’était pas outillée pour répondre dans l’urgence à la demande formulée.

Dans 12 % des cas, c’est la C.A.O. ou un C.C.A.S. qui a orienté ces personnes vers une association.

De quelles communes sont-ils originaires ?

Compte tenu de l’implantation des associations, dans 53 % des cas, ils sont originaires de la commune de Dunkerque, 18 % de la commune de Saint Pol sur mer, 13 % de la commune de Grande Synthe et 8 % de la commune de Coudekerque Branche.

Ces dépannages ont-ils un coût pour les associations ?

Oui, comme pour toute aide alimentaire apportée. Il est cependant difficile d’avancer pour l’instant un chiffre réaliste du coût réel de ces dépannages pour les associations. Mais si on prenait pour hypothèse que la valeur de chacune des aides est de l’ordre en moyenne de 10 €, c’est plus de 22 000 € qui sont apportés tout au long de l’année par la solidarité associative.

Ces chiffres sont-ils exhaustifs pour l’ensemble de la région dunkerquoise ?

Non. D’autres associations ou institutions publiques comme les C.C.A.S. participent à l’aide d’urgence. Mais, il est actuellement impossible de rassembler des données qui ne nous sont pas communiquées.

Pourquoi ont-ils besoin d’être dépannés ?

Ou le temps de l’administration…

Dans 55 % des cas, c’est le temps de l’administration qui est en cause. Il n’était que de 36 % l’année dernière. Les personnes concernées sont sans ressources immédiates pour manger parce que l’administration doit, par nécessité ou, parfois, par manque d’organisation, prendre le temps nécessaire à l’instruction de la demande d’aide.

- dans 16,5 % des cas, c’est la Caisse d’allocations familiales qui est concernée,
- dans 23,4 % des cas, ce sont les services du Conseil Général qui sont concernés,
- dans 20,2 % des cas, ce sont les ASSEDIC, ou le Pôle emploi comme ils s’appellent aujourd’hui,
- dans 3,7 % des cas, il s’agit de la C.P.A.M.

Au total, c’est de l’ordre de 3 400 personnes qui ont dû avoir recours dans ce cas à l’aide associative.

Il est important qu’on se comprenne bien. Nous n’avons aucunement ici l’intention de mettre en cause les services de ces différentes administrations. Parfois, les personnes concernées viennent trouver tel ou tel service au dernier moment, en désespoir de cause. Elles ne réalisent pas elles-mêmes qu’entre une demande d’aide et son attribution, il y a un temps nécessaire pour instruire la conformité de l’aide aux règles qui la régissent, puis pour la mettre en œuvre. En revanche, il est moins compréhensible que pour passer d’une administration à l’autre, comme la fin de droits ASSEDIC au R.M.I., il y ait un temps mort quasi organisé pendant lequel les personnes concernées peuvent se retrouver réellement sans ressource.

De l’analyse des causes que nous avons pu faire, il ressort en effet deux manques manifestes :

- une organisation efficace de la passation d’un droit dans un service à celui d’un autre droit dans un autre service ou une autre administration,
- une organisation d’urgence pour faire face au temps nécessaire d’instruction par le service concerné.

Pour être complet, nous devrions sans doute évoquer aussi le manque d’effectifs qu’a pu connaître tel ou tel service au cours de l’année qui vient de se dérouler, certains transferts de compétence qui créent des temps de latence, certaines erreurs d’organisation, de manque d’anticipation ou encore la volonté apparemment politique d’amoindrir le service public.

Au-delà des chiffres, nous continuons à penser qu’il n’est pas normal que la solidarité civile, associative, doive se substituer à la solidarité civique, aides publiques, sans que les responsables publics y contribuent. Il n’y a aucune fatalité à cela.

Dans 33 % des cas, les personnes concernées viennent de vivre une rupture imprévue dans leur vie. Nous savons tous que lorsqu’on a un budget serré, tout imprévu, maladie, perte d’emploi, rupture conjugale, déménagement, etc. vous déstabilise au point de ne plus avoir les ressources nécessaires pour faire face à la vie quotidienne. La solidarité associative trouve là, momentanément, tout son sens.

Dans 11 % des cas, les informations reçues sont telles qu’il est difficile d’apprécier les raisons qui ont amené à la demande de dépannage.

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