Accueil du site  menu Observatoire  menu Archives de l’observatoire  menu 2007 - Les dépannages alimentaires à la mi année

 
2007 - Les dépannages alimentaires à la mi année

Les dépannages alimentaires à la moitié de l’année 2007

Les associations qui font de l’aide alimentaire reçoivent régulièrement des personnes envoyées par les services publics pour être soutenues provisoirement. Le plus souvent, un colis de produits alimentaires devrait permettre à ces personnes de franchir la mauvaise passe qu’elles subissent. Ces dépannages sont pratiqués tout au long de l’année. Nous en avons fait un premier bilan pour 2007, grâce à la fiche de transmission rédigée par le travailleur social ou la travailleuse sociale qui envoie la personne vers l’association.

Mais, pourquoi ces dépannages ? Qui les paye ?

3 000 personnes concernées depuis le début de l’année

C’est, depuis le début de l’année, plus de 1 000 demandes qui ont été reçues par les associations, représentant près de 3 000 personnes. S’agissant d’un dépannage, ces personnes reçoivent, la plupart du temps, un seul colis alimentaire proportionné à la taille de la famille. Cela leur permet de faire face deux ou trois jours.

1/3 dû à la lenteur nécessaire de la prise de décision publique

24 % des demandes viennent de personnes qui sont en attente de l’aboutissement d’une démarche administrative : ouverture de droits, changement de droits, erreur de l’administration en leur défaveur, etc. C’est beaucoup. Et si on y ajoute les 9 % pour lesquels le travailleur social doit prendre le temps nécessaire pour mettre au clair la situation financière de la personne ou du ménage, c’est une demande de dépannage sur trois dont la cause est la lenteur du service public. Qu’on ne se méprenne pas, cependant. Il n’y a là aucune critique particulière à l’égard de ces services. S’assurer que les règles collectives d’attribution d’un droit sont respectées demande nécessairement du temps. Personne n’accepterait que l’argent public ne soit pas traité avec sérieux. Mais, en attendant la décision, les personnes considérées doivent pouvoir se nourrir.

1/3 des demandes devrait faire l’objet d’une aide régulière

Un budget extrêmement tendu. Des maigres ressources. On ne s’en sort pas. Et quand, en plus, pour quelques uns d’entre eux, on a fait des dettes, que faire d’autre que d’interpeller l’assistance sociale, le C.C.A.S. ou une association ? Pourtant, l’aide très provisoire qu’apporte le dépannage ne résoudra rien. Alors, pourquoi le dépannage n’est-il pas plus souvent l’occasion de commencer à se faire aider plus régulièrement ? Les personnes ne veulent pas se résoudre à dépendre, même pour quelque temps, d’une aide collective ? Résistance de certains à entrer dans ce qu’ils vivent comme de l’assistance ? Impossibilité pour les associations de faire plus que ce qu’elles font ? Ne serait-il pas opportun d’aller plus loin dans les investigations pour s’approcher d’une réponse ?

1/5 dû à une difficulté financière provisoire

Comme les précédents, ces ménages ont des budgets tendus. C’est à force d’astuces et de courage qu’ils s’en tirent un peu mieux. Et puis arrive l’imprévu. Une grosse facture d’eau ou d’énergie qu’on n’avait pas vu venir. La fille ou le fils qu’on n’a pas voulu priver de la sortie scolaire sans le dire à l’école. Un décès ou un accident. Son meilleur copain qu’il a fallu dépanner avec un peu d’argent parce qu’il n’avait plus rien à manger. Sa sœur qui entre à l’hôpital et dont il est évident qu’on va accueillir quelques jours ses enfants. Bref, on ne peut pas faire face provisoirement. On a besoin que quelqu’un vous dépanne. La solidarité organisée des associations est là.

Qui paye ?

Cette solidarité du dépannage, comme les autres, a un coût. Pour la plupart des associations, ce coût pèse sur leur budget. Souvent, celui-ci est exsangue au point qu’elles se demandent si elles vont pouvoir continuer à assurer ces dépannages alors que personne d’autres ne semble pouvoir le faire à leur place.

Au fond, est-il normal que les associations, grâce à leur organisation plus facilement réactive et à leurs capacités d’accueil personnalisé, se substituent à une responsabilité qui est, le plus souvent, publique ? Corriger la lenteur nécessaire des décisions publiques ou jouer le rôle d’une assurance, pour les plus pauvres en cas de coup dur imprévisible, ne devrait-il pas être financé par la puissance publique ?

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com